Combien de soutiens Martine Aubry, candidate officielle à la primaire, compte-t-elle au PS? Elue première secrétaire dans la douleur et la contestation, la maire de Lille a assis au fil des ans sa légitimité au sein du parti au gré d’élections réussies et de ténacité. Quand elle accède en 2008 à la tête du PS, c’est portée par l’alliance improbable des fabiusiens et de strauss-kahniens, qui voyaient en elle la seule non-présidentiable qui ne ferait pas d’ombre à leur mentor, sans courant structuré… Trois ans après, pour des raisons très différentes, les «carpes et les lapins» roulent à fond pour elle. D’autres ont pris son parti, convaincus. Et les proches sont toujours là. Revue d’effectif.
Les fidèles
Ils l’accompagnent et la conseillent au quotidien. Elle ne prend pas de décision importante sans leur en toucher un mot. Il s’agit de François Lamy, son conseiller politique et député de l’Essonne et de Jean-Marc Germain, son directeur de cabinet à Lille et au PS, qu’elle connaît depuis une quinzaine d’années, époque ministère du Travail. Impossible de ne pas citer également François Rousseau, le jeune attaché de presse de Martine Aubry, depuis quasiment une dizaine d’années.
Les proches
Ce sont les amies à la ville et en politique de la première secrétaire, toujours là en cas de coup dur et pour lui remonter le moral. Les premières supportrices de Martine Aubry: Marylise Lebranchu, la députée du Finistère, et Adeline Hazan, la maire de Reims.
Les locaux
Ils ont vu Martine Aubry arriver à Lille, l’ont vu évoluer et transformer la ville. Ils la côtoient régulièrement et la soutiennent. Il s’agit de Gilles Pargneaux, premier fédéral du Nord, de Pierre Mauroy, l’ancien maire de la ville. Jack Lang, député du Nord-Pas-de-Calais est également un soutien de la première heure.
L’aile gauche du PS
Benoît Hamon et Henri Emmanuelli en tête militaient, de longue date, pour sa candidature. Ils voient dans la première secrétaire celle qui sera la mieux à même de porter leurs idées, notamment sur l’égalité réelle. Si une primaire n’est pas un congrès, l’aile gauche du PS pèse tout de même environ 20% dans le parti. On trouve parmi eux Marie-Noëlle Lienemann, Razzy Hammadi ou Olivier Dussopt.
Les fabiusiens
Très vite, Laurent Fabius a – officiellement du moins – abandonné l’idée d’être candidat à la primaire. Allié aux strauss-kahniens en 2008 pour porter Martine Aubry, il a conforté ses positions dans le parti en plaçant nombre de ses proches aux postes clés du parti. Même si l’ancien Premier ministre était à l’origine un peu déçu du partage avec les proches de DSK, le «sage actif» est désormais bien installé. Il a même placé une de ses jeunes pousses, Guillaume Bachelay, sa plume, au service – occasionnel – de Martine Aubry. C’est lui, par exemple, qui a rédigé le programme du PS, adopté fin mai.
Une partie des strauss-kahniens
Une partie des strauss-kahniens a rallié à Reims la cause de Martine Aubry, emmenés notamment par Jean-Christophe Cambadélis. Leur mentor éliminé par l’affaire du Sofitel, la plupart soutient désormais la première secrétaire. Mais le courant de DSK n’était pas vraiment structuré. Ou du moins, il possède plusieurs cercles. Celui des élus locaux dirigé par Michel Destot a aussi décidé de soutenir Martine Aubry. Jean-Paul Huchon, le président de la région Ile-de-France aussi. Pierre Moscovici, lui, réfléchit toujours à sa propre candidature avec son courant Besoin de gauche.Et Jean-Marie Le Guen n'a toujours pas fait part de sa décision.
A l’Assemblée, Solferino 2012
Ce groupe lancé dès le mois de mars à l’Assemblée par des députés de l’aile gauche du PS, Olivier Dussopt, de l’Ardèche en tête, est transcourant. Laurent Fabius a apposé sa signature en bas de l’appel, tout comme Patrick Bloche, proche de Bertrand Delanoë, mais aussi François Lamy et nombre de députés moins connus, de base.