Avec notre envoyée spéciale à Florange
«Je ne veux pas faire de promesses que je ne pourrai pas tenir, car je ne suis pas un élu comme les autres»: François Hollande a souhaité marquer sa différence devant le site sidérurgique d’ArcelorMittal, à Florange (Moselle), alors qu’au même moment, le candidat-président Nicolas Sarkozy visitait la raffinerie Petroplus de Petit-Couronne, en Seine-Maritime, dont il a annoncé le redémarrage temporaire.
A Florange, dont l’arrêt des deux hauts-fourneaux du site a été prolongé jeudi, impliquant l’arrêt de travail de 500 salariés, le candidat socialiste à l'élection présidentielle est venu ce vendredi midi exprimer «solidarité» et sa «responsabilité». Devant environ 300 salariés du site, François Hollande vivement applaudi après avoir été bousculé, s’est juché sur une camionnette, et a répondu à plusieurs interpellations de responsables syndicaux CFDT, CGT, FO et CGC.
«Merci d’être venu. Ca fait longtemps qu’on se sent seuls. Heureux de vous voir. Décidément tout le monde se réveille», a notamment déclaré Edouard Martin, syndicaliste CFDT à l’adresse de François Hollande.
Le candidat s’est engagé à déposer dans la semaine un texte de loi obligeant à céder des unités de production à des repreneurs. «Quand une grande firme ne veut plus d'une unité de production et ne veut pas non plus la céder», il faut qu'elle ait «une obligation pour que les repreneurs viennent et puissent donner de l'activité supplémentaire», a-t-il déclaré. Il a ajouté: «Si cette proposition de loi n'était pas votée avant le 6 mai prochain, quelque soit mon avenir, Président ou député, je reprendrai ce texte car je vous le dois».
François Hollande, qui a rappelé que «ce n’était pas ma première fois» à Florange, a par ailleurs pris l’engagement «pour que des organisations syndicales aient des représentants au conseil d’administration».
A propos des «accords de compétitivité» déclinés par le candidat-président Nicolas Sarkozy, François Hollande a déclaré que ceux-ci «ne verront pas le jour». Il a ensuite ajouté: «Nous avons à cœur que les syndicats puissent négocier dans de bonnes conditions sans remettre en cause la durée du temps de travail», que propose de réformer Nicolas Sarkozy.
Interpellé par un intérimaire, François Hollande a répondu que «les entreprises qui recourent à l’intérim paieront davantage de cotisations chômage que les autres».
François Hollande s’est démarqué du candidat Nicolas Sarkozy en soulignant qu’«il y a des candidats qui veulent se présenter comme candidats du peuple, et d'autres qui prétendent servir le peuple».
Vivement applaudi, François Hollande est descendu du toit de la camionnette où il était juché en compagnie de syndicalistes, avant d’aller manger une merguez à un stand, avant de quitter le site industriel.