La campagne présidentielle et ses attaques se sont invitées ce mercredi après-midi à l’Assemblée nationale, au lendemain du vote sur le Mécanisme européen de stabilité (MES). Ce mécanisme vise à prévenir les crises financières européennes.
Les échanges houleux ont débuté quand le Premier ministre François Fillon a lancé aux socialistes, qui se sont abstenus lors du vote: «Il m'est arrivé de voter plusieurs fois des textes sur l'Europe présentés par la gauche et que je ne jugeais pas parfaits (…) La vérité, c'est que vous n'avez plus la force de distinguer entre l'intérêt général et votre intérêt électoral à court-terme.»
Vif échange entre François Fillon et Jean-Marc Ayrault par LCP
Les socialistes s’agitent et quelques minutes plus tard, Jean-Marc Ayrault, président du groupe socialiste dans l’hémicycle, qualifie Nicolas Sarkozy de «candidat du reniement» sur les thèmes du pouvoir d'achat et de la TVA sociale, ce à quoi répond immédiatement le Premier ministre: «Jean-Marc Ayrault, en matière de reniement, vous êtes un expert!».
Quelques minutes plus tard, Bruno Le Roux, député PS de Seine-Saint-Denis accuse François Fillon: «Vous n’avez ni mémoire ni courage, vous venez de mentir aux Français! Le 23 juin 1992, pour le traité de Maastricht, vous n’avez pas eu le courage de voter contre, vous avec eu le courage de vous abstenir».
Une attaque à laquelle le ministre des Finances François Baroin va répondre: «Par votre vote, par votre renoncement, vous faites la démonstration d’un petit calcul électoral de petite boutique, vous n’avez pas mesuré les enjeux!». Avant d'ajouter: «Aucun socialiste en Europe n’a votre comportement!».
A la suite de ces échanges furieux dans l’hémicycle, François Fillon a envoyé à la presse un communiqué «déplorant que, pour justifier son abstention, le groupe socialiste ait cru devoir falsifier la vérité. (…) J’ai mené campagne activement pour le Non au referendum, contre l’avis de la direction de mon parti, défendant ainsi jusqu’au bout mes convictions. (…) Ce vote était un engagement fort pour la défense d’une Europe politique qui, à nos yeux, faisait défaut dans le Traité de Maastricht». Et de continuer sur son blog: «Le refus du Parti socialiste de voter le mécanisme européen de solidarité m'apparaît comme une faute (...) Il n'est pas trop tard pour choisir l'intérêt général européen plutôt que des petits calculs à court terme électoraux»