Et si les autres partis aidaient Marine Le Pen à récolter ses 500 signatures? L’idée a été lancée par François Bayrou sur France 2, dimanche soir, puis à nouveau sur RTL, lundi matin. «Ce n’est pas à une formation comme la mienne de le faire seul, cela ferait manœuvre, mais il faut en discuter avec les autres responsables politiques, enfin s’ils y sont prêts», a ainsi proposé le président du Modem au micro de la radio.
Le PS, l'UMP, le Front de gauche unanimes
Une idée qui fait flop. Car aucun autre parti, du Front de gauche à l’UMP, ne semble prêt à donner de telles consignes à ses élus. «C’est une idée digne de la IVe République, a déploré Manuel Valls sur Europe 1. Vous vous rendez compte, les responsables politiques se réunissant dans une arrière-boutique pour répartir des signatures? “Et moi je te donne tel département, et moi je te donne tel maire” ?» Le PS estime depuis le début que Marine Le Pen joue la corde de la victimisation et n’aura aucun mal à recueillir ses 500 signatures.
«Ils nous font le coup à chaque fois, pense également Eric Cocquerel, conseiller de Jean-Luc Mélenchon, candidat du Front de gauche. Et puis, ce n’est évidemment pas à nous d’aller demander à nos élus d’aller secourir le Front national que nous combattons tous les jours.» Même son de cloche à l’UMP. Comme le PS pour Hollande, le parti majoritaire a demandé à ses élus de réserver leurs parrainages au président de la République. « Je suis maire de Saint-Quentin. Ma signature ira à Nicolas Sarkozy et à personne d’autre», a commenté sur i-Télé. le ministre du Travail Xavier Bertrand.
Fin de non-recevoir
Même Marine Le Pen ne s’est pas montrée enthousiaste. «Je n’ai pas à les appeler à l’aide», a déclaré la présidente du FN. En fin de semaine dernière, ses équipes (6 personnes au siège et une cellule téléphonique de 15 membres) disaient avoir recueilli 380 signatures (340, il y a deux semaines). Chaque soir la candidate est tenue au courant de l’avancée de la récolte. « Il n’est pas impossible que nous rations le coche. Nous travaillons sans nous préoccuper du reste, sans nous dire qu’un parti nous aidera ou que le Conseil constitutionnel prendra une décision en notre faveur », confie un cadre du FN. Jeudi, Marine Le Pen doit en effet plaider sa cause devant le Conseil constitutionnel en espérant que les parrainages deviennent anonymes et ne soient plus publiés au journal officiel.