C’est une certitude: Nicolas Sarkozy annoncera sa candidature à la présidentielle cette semaine. Mais de quelle manière? Car dans cet exercice, la forme compte quasiment plus que le fond. 20 Minutes passe en revue les différentes options qui s’offrent au chef de l’Etat.
Dans les médias
Assez classique et relativement peu surprenant donc, mais qui présente l’avantage de maîtriser totalement ses propos au cours d’une interview. Vu qu’il semble repartir sur la stratégie «à droite toute» de 2007, il pourrait refaire le même coup qu’il y a cinq ans: l’annonce de sa candidature dans la presse quotidienne régionale. Sans la fuite dans Libé la veille, tant qu’à faire cette fois-ci pour ménager l’effet de surprise. Rien de mieux que ce choix de proximité pour le candidat qui, si l’on en croit ses conseillers, veut «aller au peuple». S’il veut s’adresser au plus grand nombre, il peut jouer la carte du quotidien le plus lu, 20 Minutes.
Mais dans l’optique de confirmer son virage à droite, il peut réserver l’exclusivité à son ami, le sénateur Serge Dassault, patron du Figaro qu’il a déjà gâté samedi avec sa longue interview sur les valeurs au Fig Mag. Du coup, pour équilibrer un peu, il peut se déclarer dans La Croix. Pas très populaire mais il toucherait directement un (é)lectorat catholique qui l’a lâché et qu’il doit reconquérir pour voir sa quête de l’Elysée aboutir. Et si vraiment, il veut contrebalancer son virage à droite et surprendre son monde, Nicolas Sarkozy peut jouer la carte Libération, histoire, qui sait, de préfigurer «l’Ouverture acte II».
Reste la télévision. Un JT sur France 2 ou TF1, une question simple du type: «M. Sarkozy, comptez-vous briguer un nouveau mandat» et un «oui» très simple, façon Mitterrand 1988, qui lui permettra ensuite de dérouler les grands axes de campagne. Traditionnel mais le chef de l’Etat-candidat bénéficierait d’une forte audience pour marquer les esprits. Et l’on sait qu’il est un très bon client de la télé. C’est, d’après nos informations, la solution retenue par l’Elysée ce lundi.
Sur le terrain
Pour un président qui se présente comme celui de l’action, ce serait l’idéal. Sauf que ça ferait un peu Chirac cru 2002, qui avait fait l’annonce lors d’un déplacement à Avignon, de manière naturelle et joviale. Dans son agenda, outre le déplacement de ce lundi au nouveau QG de la gendarmerie à Issy-les-Moulineaux, il lui reste celui de mardi à l’usine Photowatt de Bourgoin-Jallieu. On peut imaginer qu’un ouvrier lui pose la question comme lors de son déplacement au début du mois dans l’Essonne et que cette fois, il lui réponde directement, devant les caméras.
Déclaré mardi, il pourrait s’inviter à Des paroles et des actes dès jeudi et tenir son meeting à Marseille dimanche, lançant la grande machine Sarkozy. Mais un autre déplacement est prévu jeudi en province – le lieu reste à définir -, peut-être sur le thème de l’immigration. Pas mal pour lancer une campagne à droite aussi.
La lettre aux Français ou l’allocution
On ne le conseille pas trop, ça fait un peu vieillot. surtout s’il compte l’adresser d’abord à l’AFP pour en faire une dépêche... C’est la méthode qu’avait choisi Lionel Jospin pour expliquer en 2002 aux Français qu’il voulait «présider autrement». Sobre, selon l’ancien Premier ministre, austère et décalé selon les commentateurs. Un épisode qui reste comme ce qu’il faut absolument ne pas faire dans le bréviaire du parfait candidat à la présidentielle. De même, l’allocution aux Français, certes très solennelle, peut faire ringarde. On se souvient que celle d’Edouard Balladur en 1995, alors Premier ministre, n’avait pas du tout convaincu.
Sur les réseaux sociaux
Pour «faire» moderne et ringardiser d’un coup Barack Obama, il n’y aurait pas mieux que les réseaux sociaux. Une manière de rentabiliser sa toute nouvelle page Facebook réalisée par son équipe de campagne. Mieux encore, pour s’assurer un bon buzz: Twitter. 140 signes suffisent largement pour écrire l’essentiel: «Je sollicite la confiance des Français pour un nouveau mandat #Elysee #megasurprise #Sarkozy2012». Les journalistes y sont ultra-présents et sa déclaration y sera abondamment reprise et commentée. Peut-être même, consécration, par @vincentglad sur le plateau du Grand Journal le soir même. De quoi lancer sa campagne sur les chapeaux de roues!