Eva Joly défend une France «n'a rien à voir avec celle de Nicolas Sarkozy»

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Publié le 11 février 2012.

PRESIDENTIELLE - En meeting à Roubaix, la candidate d'EELV s'en est prise au bilan du président sortant...

Un discours aux accents ch'ti et anti-sarkozyste. Pour son premier grand meeting de campagne samedi à Roubaix, dans le Nord, Eva Joly s'est efforcée de remobiliser le camp écologiste en défendant une France qui «n'a rien à voir avec la France de Nicolas Sarkozy».

«Qu'a fait Nicolas Sarkozy pour le travail?»

Moquée par certains de ses adversaires pour son accent, la candiat d'Europe Ecologie/Les Verts a débuté le meeting avec humour en parlant ch'ti, en hommage aux gens du Nord. «Vous êtes plus de 1.600, certains et certaines doivent ajuster leurs radars, à mon avis», a-t-elle dit en réponse à ceux qui jugent sa campagne à bout de souffle.

Mais très vite, Eva Joly s'en est pris au Président Sarkozy, qu'elle estime «mal placé pour parler des valeurs» après son interview au Figaro Magazine, où il envisage un référendum sur les droits des chômeurs et des immigrés. «Le travail? Qu'a-t-il fait pour le travail? Il y a aujourd'hui quatre millions de chômeurs [...] Le référendum qu'il préconise en réalité n'a d'autre objet que de faire dire à la classe moyenne: “Les chômeurs sont des feignants”.»

«Lorsqu'on est président de la République depuis cinq ans, on est responsables des politiques publiques. Qu'a-t-il fait pendant ces cinq ans? Il a démantelé l'école, il a démantelé la justice, il a démantelé les hôpitaux», a-t-elle ajouté. Pendant ce temps-là, Nicolas Sarkozy «a pris la responsabilité de faire des cadeaux à ses copains», a insisté Eva Joly.

Un message de soutien de Daniel Cohn-Bendit

La candidate d'EELV a également évoqué la récente mise en examen de l'ancien ministre du Budget Eric Woerth dans l'affaire Bettencourt et le projet du chef de l'Etat de supprimer les juges d'instruction. «Parce que vous aviez peur de l'affaire Karachi?» a-t-elle demandé.

Eva Joly misait sur cette journée dans le Nord pour enrayer sa chute dans les sondages entre 2% et 3%, un score qui sème le trouble au sein de son parti. La plupart des ténors d'Europe Ecologie-Les Verts (EELV) avaient fait le déplacement pour soutenir leur candidate. L'eurodéputé Daniel Cohn-Bendit, qui a marqué son scepticisme sur l'opportunité de présenter un candidat à la présidentielle, un type de scrutin peu favorable aux écologistes, manquait à l'appel mais a enregistré une vidéo de soutien. Dans la salle, des drapeaux tricolores voisinaient avec ceux -verts- des écologistes.

N. Be., avec Reuters
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