A Europe Ecologie-Les Verts, 1 euro est 1 euro et «on négocie sur tous les devis», assure Yves Contassot, le trésorier de la campagne d'Eva Joly. Car la candidate d'Europe Ecologie-Les Verts mène une campagne de temps de crise: elle dispose d'un budget de 2,3 millions d'euros, alors que dans un premier temps, un budget global de 4 à 5 millions d'euros avait été évoqué. Un ajustement qui n'a «rien à voir avec les mauvais sondages», ni avec les finances déjà délicates du parti qui a forcé la formation écologiste à emprunter 1,2 million d'euros, insiste le trésorier.
2 % d'intentions de vote
Pourtant, à EELV, certains craignaient qu'un «accident» électoral d'Eva Joly, avec un budget dans la fourchette haute, n'entraîne de graves problèmes de trésorerie pour EELV. L'Etat ne rembourse en effet les frais de campagne – plafonnés à 16 millions d'euros pour le premier tour –que si le candidat dépasse le seuil des 5 %. Or, dans notre dernier sondage paru jeudi, elle n'était créditée que de 2 % d'intentions de vote.
Et si, dans un premier temps, le mouvement écologiste avait pensé démarcher un assureur pour garantir son prêt, l'option a finalement été abandonnée. « Pour un tel montant, ça ne valait plus le coup », explique Yves Contassot. Et trop compliqué: « Il fallait démarcher à l'étranger, car les assureurs français sont trop timorés », regrette-t-il.
De toute façon, les finances du parti devraient aller mieux dès l'an prochain. En vertu de l'accord électoral avec le PS, la dotation publique du mouvement – calculée notamment sur le nombre de voix recueillies aux législatives – devrait augmenter. « Même dans les pires scénarios électoraux, on gagne quasiment 600 000 € par an », calcule-t-on. Annuellement, et pour toute la prochaine législature, EELV passerait d'une dot de 1,8 million d'euros à 2,4 millions. De quoi respirer plus sereinement.