Marine Le Pen absente de l'élection: un scénario crédible?

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Publié le 5 février 2012.

PRESIDENTIELLE - Victimisation ou bluff, les réactions au sondage imaginant l'absence de Marine Le Pen de l'élection présidentielle...

L'éventualité que la candidate du FN ne puisse pas se présenter à la présidentielle faute des parrainages nécessaires, illustrée par un sondage l'excluant de la course, a agité dimanche la classe politique et donné à Marine Le Pen des arguments contre «le système».

«Elle bluffe comme son père a toujours bluffé»

Le sondage Ifop pour le JDD, publié dès samedi soir, a posé la question qui dérange: et si Marine Le Pen, en 3e position dans tous les sondages avec environ 20%, n'était pas présente au rendez-vous ? La plupart des ténors du PS et de l'UMP ont aussitôt réagi pour nier un tel scénario, rappelant que son père Jean-Marie Le Pen, avait brandi la même menace et finalement toujours eu son billet pour la présidentielle depuis 1981. «Elle bluffe comme son père a toujours bluffé en faisant croire qu'il n'aurait pas les signatures» des 500 élus nécessaires avant le 16 mars, a assuré Martine Aubry, première secrétaire socialiste. «On a une loi, qu'elle se débrouille toute seule», a déclaré le ministre de l'Economie François Baroin.

«Pourquoi les maires -- il y en a 36.000 -- pourquoi il n'y en a pas 1% d'entre eux qui acceptent de signer pour Mme Le Pen? Sans doute parce qu'elle dit des choses difficiles et inacceptables», a expliqué Gérard Longuet, ministre de la Défense. « Oui, c'est difficile d'obtenir la confiance des maires mais je ne doute pas qu'elle aura ses 500 signatures», a tempéré Valérie Pécresse, ministre du Budget, se demandant pourquoi le FN n'avait pas posé la question sur l'anonymat «il y a un an» plutôt que maintenant «avec du barouf autour».

Une stratégie de «victimisation»

L'hypothèse sondagière «repose sur de la politique fiction», a estimé de son côté Xavier Bertrand, ministre du Travail, dénonçant une stratégie de «victimisation». Dominique de Villepin, candidat de République solidaire, a mis en garde: «Le déni de démocratie n'est bon pour personne», et plaidé pour un anonymat des parrainages qui lui font également défaut. L'ancienne candidate socialiste à la présidentielle Ségolène Royal, qui y est opposée, a proposé une autre solution: «Que tous les partis qui ont des parlementaires puissent présenter un candidat» et comme le FN a des parlementaires européens il pourrait concourir.

Pour Jean-Marie Le Pen, l'absence de sa fille aurait un effet instantané: «Ce serait la fin de M. Sarkozy. Il serait battu. Les électeurs du FN, ulcérés, ne le lui pardonneraient pas et ils ne seront pas les seuls». Dominique de Villepin penche aussi pour cette analyse et verrait même des «conséquences immédiates lors des législatives» en juin.

© 2012 AFP
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