Députée de Paris et soutien de Jean-Luc Mélenchon, Martine Billard donne ses impressions sur les 60 propositions de François Hollande.
Comment avez-vous trouvé Hollande?
Dimanche dernier, nous avions déjà été très surpris qu’il n’ait aucun mot sur les salaires ou encore qu’il ne soit pas plus offensif avec l’Europe en évoquant seulement une modification des traités. Jeudi matin, on espérait un peu que les 60 propositions aillent plus loin sur ces sujets. Mais non. Hollande ne se donne pas non plus les moyens de stopper la spéculation. Ok pour la suppression des stocks options ou la réforme bancaire mais il faut également que la BCE stoppe ses prêts aux banques ou aux entreprises pour arrêter les mécanismes spéculatifs.
Il y a également le rétablissement de l’impôt de bourse?
A l’époque, nous avions assez protesté contre la droite qui l’avait supprimé en se protégeant derrière l’Europe. Donc je salue le fait qu’il veuille le rétablir. Mais en général, Hollande continue à inscrire son programme dans une logique de suppression des déficits puisqu’il se donne 5 ans pour les résorber. C’est petit bras. Il est dans la logique de l’austérité même s’il l’humanise plus que la droite. Il essaye avant tout d’apparaître comme un homme responsable mais ne déclenche pas l’enthousiasme.
Quel est votre avis sur l’idée de faire rembourser les aides publiques aux entreprises qui délocalisent?
Evidemment qu’il faut sanctionner les entreprises qui délocalisent. Mais toutes les entreprises qui délocalisent n’ont pas bénéficié d’aides publiques. Il faut par exemple donner un droit de veto suspensif aux comités d’entreprise en cas de délocalisation. Il n’y rien eu sur les droits nouveaux des travailleurs dans les entreprises alors que l’on vient de voter encore ce matin des dispositions qui limitent le pouvoir des CE.
Etes-vous pour les 150000 emplois d’avenir?
Oui. Le risque est quand même de morceler les solutions d’aide à l’emploi. D’autres catégories de populations ont besoin d’être aidées. Et puis il y a le problème des salaires, du travail précaire. Il est fondamental de stopper la défiscalisation des heures supplémentaires [prévu dans le programme de Hollande]. Il n’a pas eu un mot sur les minima sociaux, ni sur les bas salaires. Alors que l’on constate que l’austérité pèse avant tout sur ces catégories de la population. Il contribue à créer la désespérance.
Quels sont les points de convergence?
Nous sommes d’accord sur le droit du mariage pour les homosexuels, l’adoption, sur l’égalité salariale en entreprises. Mais encore une fois tout le monde est toujours d’accord sur l’égalité salariale mais comment fait-on? Hollande ne nous l’a pas dit.
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