Sondages en berne, meeting de Hollande au Bourget salué par la presse et un président qui se laisse aller à évoquer un retrait de la politique: «En cas d'échec, j'arrête», rapporte Le Monde dans son édition du 25 janvier.
C'est dans ce contexte que plus de 200 parlementaires UMP et une quinzaine de ministres se sont retrouvés hier dans les locaux flambant neufs de l'UMP. Jean-François Copé, secrétaire général du parti, les a invités à «une forte mobilisation à la riposte», tandis que Nicolas Sarkozy continue à présider jusqu'en mars. Une stratégie perçue comme gagnante ? «C'est pas le premier parti qui sera le premier arrivé», répond, confiant, à l'instar de la plupart de ses collègues, Jean-Jacques Gaultier, député des Vosges. «Dans le contexte actuel, il y a des priorités pour le Président, aux ministres de s'exprimer sur le bilan et les perspectives.» «S'il part trop tôt, il s'essoufflera comme dans les courses de chevaux», complète le député Serge Dassault, qui, lui, compte s'investir dans la campagne via « des articles dans Le Figaro ».
«C'est normal d'envisager une défaite»
«C'est vrai qu'on est impatient qu'il entre dans la campagne, on attend cette ambiance particulière, lâche le député de Paris Jean-François Lamour. Mais je le comprends: il y a encore un mois et demi de travail parlementaire et il est aux affaires.»
«Les députés UMP sont modérément optimistes, c'est une réalité», vient contredire devant les caméras le député François Goulard, ancien villepiniste. «C'est normal d'envisager une défaite » au vu des sondages, taille-t-il dans le vif.
«Hollande a prouvé qu'il savait galvaniser les troupes, cela montre qu'il ne faut plus l'attaquer sur sa personnalité.» Un argument repris par son collègue de la Drôme Hervé Mariton : «Il faut passer d'une phase de critiques contre Hollande à celle de critiques contre son projet.» «La crainte est salutaire», tente de positiver le député du Nord Christian Vanneste, en référence au risque d'un 21 avril à l'envers. C'est que la possibilité de perdre, encore taboue il y a quelques semaines, devient palpable. «Le Président en est conscient, glisse la députée européenne Constance Le Grip. Il sait que ce sera un moment de vérité.»