Attirer les 400.000 électeurs d’Arnaud Montebourg, sans donner l’air de partir à la chasse aux voix. Voilà le périlleux exercice auquel se sont livrés les deux candidats au second tour des primaires socialistes ce lundi soir.
Sur France 3, François Hollande s’est d’abord défendu de courtiser les voix du chantre de la démondialisation en assurant que son score du premier tour associé à ceux de Manuel Valls et de Jean-Michel Baylet lui garantissait «presque» la majorité au second tour. Tout est dans le «presque» puisque l’addition des trois résultats permet à François Hollande de culminer à environ…46% des voix.
Derrière cette assurance affichée, le député de Corrèze n’a donc pas pu faire autrement que d’adresser quelques signaux aux électeurs d’Arnaud Montebourg. Ainsi, il n’a pas rejeté l’idée de mise sous tutelle des banques défendue par le «troisième homme». «Pour le socialiste que je suis, il y a des situations où il faut que l'Etat intervienne» a-t-il indiqué, en précisant: «Pas toutes les banques mais celles qui demandent la participation de l'Etat doivent être sous le contrôle partiel de l'Etat».
Une position nouvelle, que Martine Aubry a commenté en filigrane, en louant sa propre «constance» politique, nécessaire selon elle à l’action politique. La maire de Lille a pris soin sur TF1 de souligner ce qui la rapprochait d’Arnaud Montebourg: «Remettre la finance au pas», «réorienter l’Europe», prôner une «république nouvelle». Ces traits communs avec le député de Saône-et-Loire étaient selon elle déjà présents dans la Lettre aux Français qu’elle a diffusée durant la campagne.
Martine Aubry et François Hollande ont tous les deux indiqué qu’ils liraient et répondraient à la lettre qu’Arnaud Montebourg va leur envoyer. Celui qui est arrivé troisième du premier tour des primaires a averti plus tôt dans la journée qu’il écrirait aux deux candidats pour leur demander de reprendre à leur compte certaines de ses propositions. Reste à savoir si l’«arbitre» inattendu de cette élection va se prononcer pour l’un ou l’autre. «Je ne sais pas encore», a déclaré sur France 2 Arnaud Montebourg, pour qui Hollande et Aubry «sont les deux faces d’une même pièce». «Je n'écarte pas l'hypothèse de ne donner aucune consigne de vote», a-t-il conclu.