Université d'été du PS: Valls, Montebourg, destins croisés

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Publié le 27 août 2011.

POLITIQUE - Les deux outsiders de la primaire socialiste veulent peser dans le débat...

De notre envoyée spéciale à La Rochelle

Drôle d’endroit pour une rencontre. Nouvelle averse ce samedi midi sur le port de La Rochelle. Manuel Valls, qui se rend au café dans lequel il doit tenir une conférence de presse s’abrite sous un préau. Arnaud Montebourg , à quelques mètres, trouve lui aussi refuge sous le préau. Les deux font mines quelques secondes de ne pas se voir puis se saluent brièvement, presque sans se regarder. «Saaaalut les gars!», lance le député de Saône-et-Loire. «Quel temps!», répond le député-maire d’Evry. Une salutaire éclaircie permet à chacun de mettre fin à cette situation gênante et de reprendre son chemin.

Pourtant, les deux «outsiders» de la primaire socialiste, de la même génération mais à l’opposé sur l’échiquier politique, sont embarqués dans la même galère: exister face aux favoris déclarés, François Hollande et Martine Aubry, et la «reine» des médias, Ségolène Royal. «Je ne laisserai pas la primaire être confisquée par les deux favoris et par les petites phrases», prévient Manuel Valls, lors de son point presse dans un café du centre de La Rochelle. «S’il n’y a pas de débat, c’est un problème. Il faut que personne n’en garde sous la chaussure, qu’on sorte nos tripes», ajoute-t-il en référence à la primaire «pépère» que François Hollande tenterait d’imposer, selon ses détracteurs. «La campagne va se cristalliser après les débats. Et Manuel, s’il n’a pas les réseaux d’autres candidats, a une voix forte, qui sera entendue», assure l’un de ses proches.

La bataille des idées

Pour Arnaud Montebourg, la problématique est identique. Il dit avoir interdit à ses troupes d’attaquer ses adversaires mais compte faire la différence sur le fond, encore une fois. «Il faut un débat passionnant sur les orientations», a expliqué Arnaud Montebourg, vendredi, à son arrivée à La Rochelle. «Les Français écoutent de plus en plus ce que je dis», notamment sur la démondialisation, il dit l'avoir vu sur le terrain, avec sa caravane. A tel point qu’il dit viser «la qualification au premier tour de la primaire pour être présent au second». Ni plus ni moins.

Et les deux l’assurent, chacun à leur manière: s’ils ne sortiront pas victorieux de la primaire, ils peuvent gagner la bataille des idées, car ils l’ont déjà gagné par le passé. Pour Montebourg, c’est la lutte contre les paradis fiscaux, la corruption en politique. «J’entends souvent: "Ce Montebourg avait raison!"», lance-t-il aux journalistes. Manuel Valls, lui, dit avoir converti tout le PS à ses idées sur la sécurité, la laïcité et les quartiers. «J’ai une voix originale, de plus en plus entendue. Les socialistes y viennent et ils y viendront», lâche-t-il sûr de son fait. Mais pour l'instant, les deux plafonnent autour de 5% des sondages. Ce sont  les Français qu’ils doivent convaincre.

Maud Pierron, à La Rochelle
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