De notre envoyée spéciale à La Rochelle
Quatre sur cinq, pas mal pour un début. Au coup d’envoi de l’université d’été, vendredi après-midi, quatre des cinq candidats à la primaire citoyenne étaient présents. Martine Aubry est arrivée la première, Manuel Valls en retard et François Hollande, lui, n’est pas venu. En début d'après-midi, l'ancien Premier secrétaire du parti a fait amende honorable devant les militants du MJS, expliquant qu'il avait «oublié» l'ouverture des débats car il préparait consciencieusement son discours devant les jeunes socialistes...
Un signe de plus de la crispation latente qui commence à s’installer sur le port rochelais, malgré les bonnes intentions affichées par tous. «A priori, il ne devrait rien se passer d’intéressant ce week-end», pronostiquait jeudi ce même François Hollande dans le TGV qui l’amenait à La Rochelle. «Mais évidemment, il y a des risques de dérapages», ajoutait-il dans un sourire, en parlant des autres candidats à la primaire, qui ont besoin de se montrer.
«Chochottes»?
Durant ce week-end rochelais, chacun aura l’occasion de montrer ses biceps lors de sa plénière. Certains, dans l’équipe d’Aubry, veulent faire de La Rochelle le moment de la «différenciation» par rapport à François Hollande. Tous, espère Harlem Désir, se contenteront d’étaler leur «nuance» et non leurs divergences. Mais au bout d’une demi-journée, le climat s’est déjà tendu. Ségolène Royal veut bousculer le jeu: elle estime que sous prétexte de ne pas apparaître divisés, les débats sont tus. Or «la politique, c’est la compétition», a-t-elle expliqué à des journalistes. Aubry l'a bien compris, elle qui a flirté avec la ligne jaune ce vendredi matin sur France inter, lâchant qu'elle avait récupéré le PS en 2008, après François Hollande, dans un état qui «faisait pitié».
«Ne jouons pas les chochottes au premier chuchotement», a carrément mis les pieds dans le plat Jean-Christophe Cambadélis, soutien affirmé de Martine Aubry, sur son blog. Il ne faut pas une primaire «pépère», qui risquerait de démobiliser de potentiels votants. «Laissons la place à l’incarnation, à la compétition, ne stérilisons pas les primaires», exhorte-t-il encore. Un message adressé directement à François Hollande, qui ne compte pas mettre les mains dans le cambouis. Lui, qui fait la course en tête des sondages, préfère éviter de donner prise à ses adversaires.