De notre envoyée spéciale à La Rochelle
Officiellement, Martine Aubry devait conclure vendredi en fin de matinée la réunion des coordinateurs départementaux de sa campagne. En réalité, la réunion technique s’est transformée en meeting de campagne. «Involontairement», glisse François Lamy, son conseiller politique. Il faut dire que pendant l'université d'été de La Rochelle, les candidats à la primaire socialiste s’étaient entendus pour ne pas faire de meeting. «Mais vous aurez noté que, cette année, La Rochelle ne commence qu’à 14h30», relève malicieusement le secrétaire national David Lebon devant l’amphithéâtre du pôle Sciences et technologies où s’est tenue la réunion. Fini le round d'observation entre candidats, l'heure est au rassemblement des troupes.
Tractage sur le port
Devant plus de 600 militants, dans un amphi bondé, Martine Aubry a déroulé ses mesures classiques mais surtout promis de «réenchanter la vie politique», un point sur lequel elle veut faire la différence avec François Hollande. Laurent Fabius et Elisabeth Guigou se frayent un chemin pour assister au discours de leur championne. Si la maire de Lille parle de «changer la vie des gens», elle ne se prive pas non plus de lancer une pique à son prédécesseur à la tête du PS. «Quand je suis arrivée à la tête du parti politique, ça a été très dur pur moi, j’avais le sentiment qu’on ne voulait plus faire de la politique ensemble», lâche-t-elle. Et en guise de conclusion, comme tout bon meeting qui se respecte, des «Martine présidente! Martine présidente!», fusent. Les militants, parfois déroutés par les sondages, en sont ressortis gonflés bloc
En dehors, ses soutiens font passer le message, et ça va durer toute la journée: «Martine est partie», «ça y est, elle est dedans!». Certains, tel Jean-Paul Huchon, voient un signe dans le large sourire affiché par Martine Aubry ce vendredi. «C’est important, elle a besoin d’être heureuse pour réussir». Pour le président de la région Ile-de-France, elle est engagée depuis la semaine dernière «dans un sprint final» qui peut «bouleverser l’ordre d’arrivée», avec une présence médiatique accrue.
L'exemple de la campagne de Chirac en 1995
Et la campagne, la «dernière ligne droite», ça commence à La Rochelle. Quelque 600.000 exemplaires de la Lettre aux Français de Martine Aubry arrivent samedi matin à La Rochelle. Tractage prévu dans la foulée sur le quai Louis Prunier. Mais l’essentiel des lettres sera distribué aux militants de différentes fédérations pour qu’eux, les ramènent. «C’est moins cher», explique David Lebon.
Aux coordinateurs départementaux de relayer la bonne parole sur le terrain. «On leur demande de faire campagne comme pour les municipales», notamment en allant chercher des gens dans les réseaux associatifs, explique François Lamy. «En fait, Martine fait une campagne à la Chirac en 1995, au contact des Français, qui la confortent dans ses convictions», analyse Jean-Paul Huchon, alors que la Lilloise va écumer la campagne française ces prochaines semaines. Si maintenant, les socialistes en sont à prendre exemple chez l’adversaire…