L’été est propice à l’envoi de cartes postales. Marine Le Pen préfère, elle, les traditionnels courriers. Selon nos informations, la présidente du Front national a écrit cet été à 44.000 élus locaux afin d’obtenir leurs parrainages pour le scrutin présidentiel. Depuis 1976, les candidats doivent recueillir 500 signatures de grands électeurs pour se présenter à l’élection suprême.
Une tâche qui a toujours été difficile pour le parti d’extrême droite. «En 2002 et en 2007, cela a été très dur, reconnaît ainsi Dominique Martin, délégué général adjoint du parti chargé de la collecte. On est donc très vigilants cette année. Ca va encore être chaud bouillant.» A moins d’un an du premier tour, la chasse est donc officiellement ouverte au FN. Avec un mot d’ordre: parrainer un candidat ne signifie pas le soutenir. «Il ne s’agit nullement pour vous d’apporter ainsi un soutien à mes idées ou à ma personne, il s’agit simplement de permettre aux millions de Français […] d’exprimer leur sentiment dans le respect de la légalité républicaine», écrit ainsi Marine Le Pen dans son courrier expurgé de la fameuse flamme tricolore et de la moindre idée de programme.
«On s’adresse aux maires de petites communes, poursuit Dominique Martin. Et nous avons déjà un certain nombre de retours positifs.»
Parmi eux, Michel Thiebaut, maire sans étiquette d’Esvoges, un petit village de l’Ain qui compte 138 habitants. «Oui, j’ai déjà renvoyé le formulaire signé, confie-t-il. Je pense que Marine Le Pen n’aura pas de mal à obtenir les parrainages…» Si c’était le cas, le FN lancerait son «plan B». Le parti a en effet préparé ses militants à devoir sillonner les routes de France pour convaincre les maires de signer le formulaire. «On veut tout faire pour l’éviter, conclut Dominique Martin. Cela coûte de l’argent et prend du temps. Mais si on n’a pas le choix, on le fera sans problème.»