Après plusieurs extraits parus ces derniers jours, l’interview complète de Nicolas Sarkozy est enfin publiée ce mercredi dans L’Express. Le chef de l’Etat ne lève pas le voile sur sa candidature en 2012 – jugée comme un «secret de polichinelle» par le ministre des Affaires étrangères Alain Juppé – mais affirme ne rien redouter à un an de l'élection, en dépit d'une popularité au plus bas quatre ans après son arrivée au pouvoir.
Il juge normal d'être la cible du mécontentement des Français en période de crise mais n'en tire aucune conséquence pour son avenir. Ni pour son passé. Nicolas Sarkozy ne renie de son programme de 2007, dont il est en train de détricoter une mesure phare, le «bouclier fiscal».
«J'y croyais et j'y crois encore», dit-il. «Evidemment, il y a eu la crise, qui a rendu les choses plus difficiles, mais j'ai tout fait pour mettre en oeuvre mes engagements et (...) je crois que (...) nous y sommes parvenus pour une large part.»
Le Président juge équilibrée la réforme en préparation de la fiscalité du patrimoine, avec un impôt de solidarité sur la fortune (ISF) maintenu mais au seuil porté à 1,3 million d'euros et au taux ramené à 0,5%, un relèvement de cinq points de l'impôt sur les successions les plus importantes et l'abolition du plafonnement du montant total des impôts directs à 50% des revenus. Une réforme qui s'appliquera «dès 2011», promet-il.
Il confirme aussi sa détermination à imposer le versement d'une prime par les 34.000 entreprises de plus de 50 salariés. «Je n'ai pas cédé sur la réforme des retraites, qui était difficile, parce que c'était l'intérêt général; je ne céderai pas sur cette prime, parce que c'est une question de justice.»
Il précise les contours de cette prime que ces entreprises devront verser à leurs salariés si elles ont distribué au titre de 2010 plus de dividendes que lors des deux ans précédents: le montant sera librement fixé par elles après discussion avec les partenaires sociaux mais exonéré de charges jusqu'à 1.200 euros.
Nicolas Sarkozy donne par ailleurs raison au ministre de l'Intérieur, Claude Guéant , favorable à une limitation de l'immigration légale.
Il annonce enfin que la France organisera dans les semaines à venir une conférence sur l'avenir de la Libye et prendra «avant l'été» avec les Européens une initiative pour relancer, avec les Américains, le processus de paix au Proche-Orient.
De nouveau interrogé sur sa possible candidature, pour savoir si elle s’inscrirait dans le cadre de l’UMP, Nicolas Sarkozy répond: «Plus le temps passe, plus je me sens indépendant de mes amitiés, de mes fidélités, et serein face à l'adversité». Selon lui, la fonction présidentielle passe, pour l’instant avant tout. «Etre président, cela s’apprend à chaque minute. C’est si difficile et si grave.»