DSK admet une «faute» mais n'exclut pas «un piège»

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Publié le 29 janvier 2014.

POLITIQUE - Il était l'invité du JT de TF1, dimanche soir...

Quatre mois après son arrestation à New York, Dominique Strauss-Kahn a confessé dimanche lors de sa première interview une «faute morale» qui lui a fait manquer son «rendez-vous avec les Français» mais a fermement nié avoir agressé Nafissatou Diallo et Tristane Banon.

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Deux semaines après son retour à Paris, DSK, 62 ans, qui a perdu la direction du FMI et toute chance de concourir à la présidentielle, a répondu sur un ton combatif pendant une vingtaine de minutes aux questions de Claire Chazal sur TF1.

Que s'est-il passé le 14 mai dans la suite 2806 du Sofitel de New York? Vêtu d'un costume sombre, le visage grave, l'ancien patron du FMI, qui n'avait jamais donné sa version des faits, a admis une relation sexuelle «non tarifée», une «faute morale dont (il n'est) pas fier» et qu'il n'a «pas fini de regretter».

Etait-ce de sa part un «acte manqué»? «Je ne crois pas à cette thèse psychologisante», a-t-il dit.

Ce qui s'est passé avec la femme de chambre, qui a perdu sa crédibilité au fil des investigations des enquêteurs, n'a compris «ni violence, ni contrainte, ni agression, ni aucun acte délictueux», a martelé l'ancien ministre, sans donner le moindre détail sur la rencontre.

Il s'est interrogé sur l'éventuelle motivation financière de la plaignante, dont la procédure au civil est toujours en cours aux Etats-Unis alors que la procédure pénale a été abandonnée. «Je n'ai pas l'intention de négocier» avec elle, a averti DSK, qui s'est attaché à démonter, en s'appuyant à maintes reprises sur le rapport du procureur Cyrus Vance, le témoignage de Mme Diallo.

Diallo a «menti sur tout», selon DSK

«Dans le rapport officiel, il n'y a rien, ni griffure, ni blessure, ni aucune trace de violence, ni sur elle, ni sur moi (...) Ce rapport (...), il dit: Nafissatou Diallo a menti sur tout», a lancé M. Strauss-Kahn.

Dans ce rapport diffusé le 23 août, le procureur n'écartait pas explicitement d'éventuelles violences mais estimait que les «éléments physiques (...) n'établissent pas de manière indépendante son affirmation (de Mme Diallo, ndlr) d'une rencontre forcée et non consensuelle».

Le rapport n'affirme pas non plus que la Guinéenne de 32 ans a «menti sur tout», comme le prétend DSK, mais plutôt qu'elle a donné trois versions différentes de ce qui s'est passé «immédiatement après sa rencontre» avec lui.

DSK n'exclut pas une éventuelle machination

Dominique Strauss-Kahn n'a pas exclu une éventuelle machination. «Un piège? C'est possible. Un complot? Nous verrons», a-t-il lancé, s'interrogeant notamment sur l'attitude de la direction du Sofitel.

Il a décrit sa «peur» après son incarcération à la prison de Rikers Island. «Quand vous êtes pris dans les mâchoires de cette machine, vous avez l'impression qu'elle peut vous broyer», a-t-il confié.

Très présente dans cette épreuve, Anne Sinclair, une «femme exceptionnelle» sans laquelle il n'aurait «pas résisté», a reçu un hommage appuyé. «Elle ne m'aurait pas soutenu comme cela si, dès la première seconde, elle n'avait pas su que j'étais innocent», a-t-il affirmé.

Il a également assuré les femmes de son «respect» et a dit «comprendre leurs réactions». «Je l'ai payé lourdement. Je le paie toujours», a-t-il dit alors qu'une cinquantaine de féministes manifestaient devant le siège de TF1.

«C'était une opération de communication totalement maîtrisée, sans aucune spontanéité, ni dans les questions, ni dans les réponses, et maîtrisée, y compris dans la gestuelle», a réagi Me Thibault de Montbrial, correspondant en France des avocats de Mme Diallo.

Concernant la romancière Tristane Banon, qui l'accuse de tentative de viol en 2003, DSK a nié tout «acte d'agression». «La version qui a été présentée est une version imaginaire, une version calomnieuse», a-t-il dit.

«Il a dû être recadré par ses avocats et ne dit plus qu'il a tenté de l'embrasser» comme il l'avait avoué aux policiers, a relevé la mère de la romancière, Anne Mansouret.

Après le coup de tonnerre de l'arrestation puis l'ouragan médiatique du retour, DSK, ex-favori de la gauche dans les sondages pour 2012, a évoqué son avenir politique et son rôle futur.

Pas impliqué dans les primaires

Sans surprise, il a confirmé qu'il ne serait «évidemment pas» candidat à la présidentielle de mai. Désormais débarrassé du devoir de réserve que lui imposaient ses fonctions au FMI, il a dit son «souhait» d'une victoire de la gauche et d'un «succès» de la primaire socialiste.

S'il s'est dit «très sensible» à la présence de son «amie» Martine Aubry durant l'épreuve, Dominique Strauss-Kahn n'apportera son soutien à aucun des cinq candidats PS à l'investiture socialiste. Il a confirmé qu'un pacte le liait au maire de Lille.

Il n'a pas apporté les excuses à la gauche que réclamait Arnaud Montebourg.

Quant à son avenir immédiat, M. Strauss-Kahn n'a pas annoncé son retrait de la vie politique, souhaité par une majorité de Français selon un sondage, et s'est contenté d'annoncer qu'il allait «prendre le temps de réfléchir». «Mais toute ma vie a été consacrée à essayer d'être utile au bien public et on verra...», a-t-il conclu, sibyllin.

Sans suprise, ses amis, comme Jack Lang et Jean-Marie Le Guen, ont salué un discours de «vérité» pour l'un, chargé d'«émotion» pour l'autre. L'ex-Premier ministre Jean-Pierre Raffarin (UMP) a jugé que DSK avait été «plus à l'aise pour afficher sa compétence que sa sincérité», assénant: «La décence eût été le silence».


 

© 2011 AFP
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