A l’entrée du restaurant du Mans (Sarthe) où Jean-François Copé tient une «réunion militante», deux photocopieuses ont été installées. Le but? Permettre aux militants de faire une copie de leur carte d’identité et ainsi parrainer sur le champ le candidat à la présidence de l’UMP.
Mercredi, celui qui est pour l'heure secrétaire général du parti est allé chasser des soutiens sur les terres historiques de François Fillon. Face à environ 200 militants, Jean-François Copé s’est présenté comme un élu de terrain qui n’a pas hésité pas à mouiller la chemise pendant la présidentielle. «J’aurais aimé que certaines personnalités en face autant.» Un positionnement qui lui permet d’attaquer en creux, mais sans jamais le citer nommément, l’ancien Premier ministre. Même s’il se défend d’«être là pour faire de la publicité comparative».
Héraut d’une «droite républicaine mais pas politiquement correct»
D’entrée, il rappelle qu’il est élu de Meaux, «une terre qui n’a rien à voir avec l’intérieur de Paris». Le récent parachutage de François Fillon dans le chic 7e arrondissement de la capitale, et donc son départ de la Sarthe, est dans tous les esprits. A peine arrivé à la gare du Mans, Jean-François Copé avait d’ailleurs souligné que «la Sarthe fait partie des départements sinistrés sur le plan électoral». En précisant que quatre députés sur cinq étaient UMP dans la précédente législature, contre un seul aujourd’hui.
A ce qu’il brosse donc comme un abandon, Jean-François Copé oppose son propre parcours politique. «Je suis allé sur des terres tenues par la gauche dans la grande banlieue parisienne.» «La première vertu en politique, c’est le courage.» A ce titre, Jean-François Copé se fait le héraut d’une «droite républicaine mais pas politiquement correct», notamment sur la laïcité. A l’opposé des «bienpensants du 7e arrondissement», «de gauche», prend-il soin de préciser après une longue respiration lourde de sens.