Zones de sécurité prioritaires: Manuel Valls accuse le maire de Marseille de «démagogie»

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Publié le 2 septembre 2012.

SECURITE - Dans un entretien à l’AFP, le ministre de l’Intérieur a estimé dimanche que la demande de Jean-Claude Gaudin que la ville entière soit classée en zone de sécurité prioritaire (ZSP), était placée «sous le signe de la démagogie»...

Dans un entretien à l’AFP, le ministre de l’Intérieur a estimé dimanche que la demande de Jean-Claude Gaudin que la ville entière soit classée en zone de sécurité prioritaire (ZSP), était placée «sous le signe de la démagogie».

Manuel Valls s'est déclaré «consterné» par la demande de Jean-Claude Gaudin. L'élu marseillais disait trouver inacceptable « que seules les circonscriptions de députés socialistes soient classées, et pas les autres ».

« La réaction de M. Gaudin est placée sous le signe de la démagogie et de l'irresponsabilité. Je suis un ministre de l'Intérieur qui veut travailler avec tous les élus mais je ne laisserai pas un tel propos passer», a-t-il dit dimanche dans un entretien à l'AFP, peu avant une visite à Mulhouse.

Le ministre s'est également dit «consterné» par les propos de l'ancienne garde des Sceaux UMP, qui a demandé samedi ce que faisait le gouvernement après une agression à Marseille où une personne a été grièvement blessée.

Un comité interministériel prévu jeudi

Pour Manuel Valls, «expliquer qu'il faut une ZSP sur la ville entière démontre que durant plusieurs années, lui (M. Gaudin, ndlr) et ses amis ne se sont pas occupés de cette ville».

« Marseille est une ville en très grande perdition, qui a besoin d'une réponse exceptionnelle de l'Etat et c'est ce qui va être fait avec la réunion de jeudi», a insisté le ministre, évoquant le comité interministériel prévu à Matignon pour élaborer un «programme d'action pour l'agglomération marseillaise».

«Gaudin a nié pendant des années les problèmes de sécurité à Marseille. Il a laissé à l'abandon des pans entiers de sa ville touchée par l'insécurité », a insisté Manuel Valls, estimant qu'il fallait «d'abord des changements de structure » dans la cité phocéenne, «notamment dans l'organisation de la police, et de la gendarmerie».

Montée en puissance

« Il y aura des moyens supplémentaires, cela veut dire aussi des changements d'hommes», a-t-il ajouté, sans plus de précisions.

Les demandes de ZSP de la part des élus démontrent  qu'il y a des moyens qui manquent. C'est aussi un appel à une police de proximité, se traduisant par une présence continue et fidélisée», a analysé le ministre.

«Cela prouve qu'il y a ces dernières années quelque chose qui ne marche plus (...) Il y a une attente de voir des policiers et des gendarmes plus proches des citoyens. On a besoin d'un rapport de confiance. Nous allons monter en puissance avec les ZSP», a-t-il affirmé, rappelant qu'elles étaient pour l'instant au nombre de quinze.

Mais "on ne va pas développer des ZSP sur tous les territoires, elles y perdraient de leur force. On ne peut pas mettre des policiers et des gendarmes partout (...) sinon nous affaiblissons le dispositif", a-t-il insisté.

Pour le ministre, ces zones de sécurité prioritaires vont permettre de « lutter contre la délinquance la plus ancrée dans les quartiers».

A Mulhouse, le ministre de l'Intérieur devait notamment se rendre dans le quartier de Bourtzwiller qui a connu des violences cet été.

AFP
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