Hervé Morin s'est dit prêt samedi à "s'engager à fond" dans la création d'une fédération avec les autres formations de centre-droit et à s'atteler à la construction d'un "nouveau partenariat" avec l'UMP.
Hervé Morin s'est dit prêt samedi à "s'engager à fond" dans la création d'une fédération avec les autres formations de centre-droit et à s'atteler à la construction d'un "nouveau partenariat" avec l'UMP. - Fred Dufour afp.com

© 2012 AFP

Hervé Morin s'est dit prêt samedi à «s'engager à fond» dans la création d'une fédération avec les autres formations de centre-droit et à s'atteler à la construction d'un «nouveau partenariat» avec l'UMP.

«Le Centre, c'est un peu comme la voie lactée»

Les revers électoraux et divisions internes ont laissé des traces au Nouveau Centre et son président, Hervé Morin, ne s'est pas payé de mots samedi en clôturant les 5es universités d'été de son parti, devant quelque 400 à 500 militants dans une manade près de Nîmes.

«Il faut regarder les choses en face. Avec nos divisions internes, avec le voyage en solitaire de François Bayrou, le Centre au sens large, sort affaibli» des élections, a-t-il constaté. «Le Centre, c'est un peu aujourd'hui comme la voie lactée, cette espèce de traînée blanchâtre qu'on peut apercevoir à l'oeil nu certaines nuits, une écharpe de brouillard blanc avec son halo de constellations et de nébuleuses», a-t-il résumé avant de passer en revue les sept formations de cette galaxie.

«Il y a le Parti radical, le NC, la Gauche Moderne, le MoDem, Force européenne démocrate, l'Alliance centriste et Alternative libérale, une structure pour chaque jour de la semaine», a-t-il ironisé. Mais, pour autant, l'ex-ministre de la Défense veut encore croire à l'avenir de sa famille politique, à condition, dit-il, de ne pas «éluder d'importantes clarifications».

Un centre qui regarde vers la droite

«Nous avons mis un terme à la confusion (...) qui allait jusqu'à la haine organisée (...) et avons retrouvé le bonheur d'être ensemble», a-t-il dit, en référence à l'exclusion de plusieurs ténors de son parti, dont l'ex-numéro 2, Jean-Christophe Lagarde, qui s'étaient opposés à lui avant de fonder leur propre parti (la FED). «"Du coup, nous sommes un petit peu moins nombreux, mais en vérité nous sommes plus forts», a-t-il assuré.

Lors d'un débat sur l'avenir du Centre, des militants ont manifesté leur irritation devant les guerres intestines des centristes. «Débrouillez-vous, mais faites taire vos ego», a lancé l'un deux. La plupart d'entre eux ont également souhaité que leur parti joue la carte de l'union, avec les autres formations centristes et leur partenaire naturel: l'UMP.

Parmi les personnalités invitées, le sénateur MoDem Jean-Marie Vanlerenberghe n'a pas dit autre chose en constatant l'échec de la main tendue à la gauche de François Bayrou. «Ceux qui au MoDem rêvent encore d'un élargissement de la majorité du PS sont dans la politique fiction», a-t-il affirmé. Pour lui, le partenaire privilégié du centre, c'est bien la droite.

Morin s'efface devant Borloo

«J'ai été content de l'entendre», a réagi Hervé Morin sans croire pour autant que François Bayrou partage cette même ligne. Le président de la Gauche Moderne, Jean-Marie Bockel, s'est dit quant à lui prêt à dissoudre son parti dans une future fédération centriste: «Cela n'a plus de sens pour nous de rester indépendants», a-t-il confié.

Pour Hervé Morin aussi, l'avenir se situe bien dans la construction d'une fédération des centres. Mais, «il ne s'agira pas d'une fusion ou d'une absorption», a-t-il prévenu se disant convaincu que ni son parti, ni le Parti radical n'étaient prêts à disparaître. Le président du NC a également appelé à inventer «un nouveau partenariat, une co-animation de l'opposition» avec l'UMP.

Au plan personnel, il a confié à la presse ne pas réclamer le leadership de la future fédération, revendiquée par Jean-Louis Borloo. L'ex-ministre n'a pas mis pour autant ses ambitions dans sa poche mais il est bien conscient de son manque actuel de notoriété. «On est dans une démocratie d'opinion et le chemin qui sera le mien sera de construire une relation avec l'opinion publique», a-t-il dit.

Pour ce faire, Hervé Morin reprendra dès octobre son bâton de pèlerin pour arpenter la France deux fois par semaine.