Confronté à une sévère baisse de popularité et à une crise d'une "gravité exceptionnelle", François Hollande a appelé vendredi à passer à la vitesse supérieure sur les chantiers gouvernementaux et les négociations entre syndicats et patronat.
Confronté à une sévère baisse de popularité et à une crise d'une "gravité exceptionnelle", François Hollande a appelé vendredi à passer à la vitesse supérieure sur les chantiers gouvernementaux et les négociations entre syndicats et patronat. - Michel Euler afp.com

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Confronté à une sévère baisse de popularité et à une crise d'une «gravité exceptionnelle», François Hollande a appelé vendredi à passer à la vitesse supérieure sur les chantiers gouvernementaux et les négociations entre syndicats et patronat.

 

«Mon devoir, c'est de dire la vérité aux Français: nous sommes devant une crise d'une gravité exceptionnelle, une crise longue qui dure depuis maintenant plus de quatre ans», a lancé le chef de l'Etat dans ce discours, présenté comme important par son entourage, à la foire de Châlons-en-Champagne.

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En baisse dans les sondages et ciblé par les critiques sur le rythme, jugé trop lent, des réformes, François Hollande ne joue plus la carte de l'anti-sarkozysme et de l'attaque du bilan du dernier quinquennat. «Il ne s'agit plus de juger le passé mais d'agir dès aujourd'hui pour préparer l'avenir», a dit François Hollande, dont la «mission», selon ses termes, est de «conduire notre pays pour qu'il fasse des choix dans le bon ordre, dans le bon rythme et dans la bonne direction».

Le Premier ministre appelé à monter au front

«C'est au gouvernement, sous l'autorité de Jean-Marc Ayrault, de mettre en oeuvre cette orientation», a-t-il dit, comme un rappel à l'ordre à son Premier ministre, jugé trop discret. Soupçonné de vouloir se plier au rythme «sarkozyste», avec des annonces tous azimuts, François Hollande a cherché à dissiper cette idée: «le changement n'est pas une somme d'annonces, c'est une force (...) qui donne une direction». Il a promis des décisions «dans un calendrier ordonné, en respectant les rythmes du Parlement et le dialogue social».

Le chef de l'Etat a toutefois entériné l'accélération des réformes, en particulier pour faire face à «l'urgence» de l'emploi, avec un chômage qui frôle la barre des 3 millions de personnes. «Il n'y a pas de jours à perdre (...) trop de périls nous menacent», a-t-il justifié.

Il a ainsi rappelé qu'il avait convoqué une session parlementaire du Parlement pour que le texte sur les «emplois d'avenir» soit adopté au plus vite. «Dès le début du mois d'octobre seront signés les premières conventions», a-t-il assuré.

«Le changement c'est pour quand?»

Le dispositif sur les contrats de génération sera présenté dans «les jours qui viennent» aux partenaires sociaux. Quant aux plans sociaux et restructurations, ils feront l'objet de négociations entre syndicats et patronat «dés le mois prochain».

Le chantier de banque publique d'investissement, qui doit en particulier participer au financement des PME, sera concrétisé «dans les jours qui viennent», marquant là aussi une accélération de ce dispositif, attendu initialement pour l'automne (dans les semaines à venir, avait dit Jean-Marc Ayrault).

Les collectivités locales vont aussi faire l'objet d'une réforme de leur financement. Le gouvernement fera des propositions «d'ici octobre» mais François Hollande a déjà déclaré que «l'augmentation de la collecte du Livret A» allait y contribuer. En échange, les régions pourront gérer les «fonds européens consacrés à leur territoire», a dit le président. Il recevra le 12 septembre l'ensemble des présidents de régions, presque tous socialistes.

Concernant la réforme du financement de la protection sociale, un serpent de mer depuis plusieurs années, François Hollande a promis pour 2013 «des choix courageux» mais aussi «durables et justes».

A son arrivée à la 66e foire de Châlons-en-Champagne, François Hollande avait été fraîchement accueilli par plusieurs dizaines de militants de la CGT qui arboraient une pancarte «Le changement c'est pour quand?»

«Le but d'une visite est d'entendre l'exaspération des salariés qui ne sont pas payés depuis longtemps, d'autres qui attendent des solutions depuis des semaines», a relativisé François Hollande. «Ils espèrent beaucoup dans le changement, c'est à moi de leur dire les étapes qui permettront d'y parvenir», avait-il conclu.