Les «emplois d'avenir» présentés en conseil des ministres sur fond de chômage

40 contributions
Publié le 29 août 2012.

EMPLOI - Le gouvernement veut donner vite «un vrai boulot» à une partie des «400.000 jeunes dans la galère»...

Destinés à aider les jeunes les plus fragiles à accéder à un emploi - un enjeu prioritaire pour le gouvernement - le projet créant les «emplois d'avenir», avec un objectif de 150.000, est présenté ce mercredi en conseil des ministres et sera le premier texte soumis aux députés fin septembre.

Pour ce projet, la concertation revendiquée comme méthode aura été express. Accusé d'inaction, le gouvernement veut donner vite «un vrai boulot» à une partie des «400.000 jeunes de moins de 25 ans dans la galère», justifie le ministre du Travail, Michel Sapin. Il s'agit pour le Premier ministre Jean-Marc Ayrault d'agir «tout de suite» en subventionnant 100.000 premières embauches en 2013.

Pour les 16-25 ans «sans qualification ou peu qualifiés»

Le nombre de demandeurs d'emplois a continué à augmenter en juillet, pour le 15e mois consécutif, et frôle désormais les 3 millions dans l'Hexagone.

A la différence des «emplois-jeunes» (1997-2002) dont ils s'inspirent, les futurs contrats seront destinés aux 16-25 ans «sans qualification ou peu qualifiés et rencontrant des difficultés particulières d'accès à l'emploi», «prioritairement dans les zones urbaines sensibles», selon le projet de loi. Les contrats de l'ère Jospin ne ciblaient pas un public particulier mais dans la pratique, avaient bénéficié aux plus qualifiés.

Cette fois il s'agit d'«apporter une solution» aux jeunes peu ou pas qualifiés, le «noyau dur» du chômage des jeunes, avec un taux supérieur à 40% (le double du chômage des jeunes), selon Michel Sapin. Une dérogation toutefois pour l'Education nationale qui pourra embaucher, sur trois ans, 18.000 étudiants boursiers à bac+2 se destinant à l'enseignement, sorte de «pré-recrutement».

Enfin, les jeunes non qualifiés «de zones rurales extrêmement éloignées où le seul fait de ne pouvoir se déplacer est un obstacle à l'emploi» seront aussi concernés, selon Michel Sapin.

Attention à «de nouveaux contrats précaires»

La subvention (75% du Smic) pourra s'appliquer aux embauches en CDI ou CDD (d'un an minimum). Le temps plein sera la règle mais avec des exceptions. Les emplois devront se concentrer «dans des activités d'avenir ou dont l'utilité sociale est avérée»: filière verte, secteur social et médico-social, aide aux personnes, filières numériques, tourisme, etc. Seront éligibles les employeurs du secteur public et non marchand (associations, collectivités territoriales, etc.) et à la marge ceux du secteur privé (l'aide sera réduite).

Avec ces «emplois aidés» de plus, le gouvernement «ne règle pas le problème» juge le secrétaire général de FO Jean-Claude Mailly. Les 100.000 emplois d'avenir de 2013 s'ajouteront au «volant» des emplois aidés (390.000 budgétés en 2012), selon le ministre du Travail, après déjà une rallonge de 80.000 emplois votée en juillet pour cette année. Attention à «de nouveaux contrats précaires générant des effets d'aubaine», s'est inquiétée pour sa part l'Ugict-CGT en demandant de réserver l'aide aux CDI. Pour la CFDT, les secteurs d'embauche doivent être «définis au préalable» et la partie formation «renforcée». Les aides doivent être "conditionnées à la mise en place de formations diplômantes et qualifiantes", insiste également l'Unsa.

Ces contrats d'avenir «sont déjà dépassés», juge de son côté l'UMP. Le gouvernement «récidive là où il a échoué il y a 15 ans» et «ne fait que retarder de 3 ans (la durée maximale de l'aide) le problème majeur du chômage des jeunes sans avoir le courage d'aborder les vraies questions», la formation, l'orientation et le coût du travail.

Cet engagement de François Hollande sera financé par la fin de l'exonération sur les heures supplémentaires. Il coûtera 1,5 milliard d'euros en année pleine, selon le ministère du Travail.

Avec AFP
publicité
publicité
publicité
publicité
Les dernières contributions

Chargement des contributions en cours

Réagissez à cet article
Vous souhaitez contribuer ? Inscrivez- vous, ou .
Confirmer l'alerte de commentaire
Annuler
publicité
publicité
Se connecter avec Facebook
S'identifier sur 20minutes.fr