Sondages: «Hollande commence à s'éloigner de l'histoire dont il a été l'acteur»

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Publié le 28 août 2012.

POLITIQUE - Le président de la République dévisse car il oublie le «contrat implicite» passé avec les Français...

Avant le 6 mai, François Hollande assurait que le prochain Président n’aurait pas d’état de grâce en raison de la situation économique. Ça se confirme. A peine plus de cent jours après son élection, le chef de l’Etat mécontente plus de Français qu’il n’en satisfait selon le baromètre Ipsos pour Le Point alors que Nicolas Sarkozy avait attendu neuf mois pour arriver au même point ( 39% d’opinions positives en février 2008). Quelque 47% des Français ont une opinion défavorable du Président contre 44% qui en ont une opinion favorable. Moins 11% en un mois, un dévissage sévère pour un Président qui n’a jamais atteint des cotes importantes de satisfaction.

«Il y a une conjoncture de plusieurs éléments: une hostilité qui s’est accrue chez les sympathisants UMP et une érosion chez les sympathisants du Modem et du Front de gauche», explique Brice Teinturier, directeur général délégué d'Ipsos. Le plus marquant d’ailleurs, c’est cette «hostilité» dès le début des sympathisants de l’UMP qui n’ont accordé aucun crédit à François Hollande quand Nicolas Sarkozy avait lui, bénéficié d’opinions plutôt positives de sympathisants socialistes.

«Attention à ne pas faire comme Jacques Chirac»

Comment l’expliquer? Après les vacances, période pendant laquelle les Français ont traditionnellement peu la tête à la politique, s’installe «un climat de rentrée placé sous le sceau du pessimisme et de l’inquiétude. D’ailleurs, tout le monde baisse, à gauche ou à droite», explique le sondeur. Les Français peuvent estimer que «le gouvernement n’est pas aussi mobilisé sur les mesures d’urgences qu’il le faudrait», ajoute Brice Teinturier. Autre hypothèse pour apprécier cette décote subite, «le procès en immobilisme mené par l’UMP» a pu convaincre certains Français. Et les «couacs» gouvernementaux de l’été n’ont pas aidé. Pourtant, et c’est un paradoxe, toutes les mesures prises par le gouvernement Hollande «sont très bien acceptées par les Français, sauf la suppression des heures supplémentaires défiscalisées».

L’Elysée met ces mauvais sondages sur le compte de «l’impatience légitime» des Français compte tenue de la situation. Mais retenir ce seul argument, c’est se tromper d’analyse, selon Stéphane Rozès, président de Conseil analyses et perspectives. «Hollande s’éloigne sans s’en rendre compte des raisons de son succès et de son contrat implicite avec les Français. Il n’a pas été élu sur le pouvoir d’achat ou le chômage, mais parce qu’il disait qu’on pouvait redresser le pays et sauver notre modèle social pour peu qu’on le fasse dans la justice», juge celui qui a conseillé Nicolas Sarkozy en 2007.

«Il commence à oublier l’histoire dont il a été acteur comme, de manière très différente, Nicolas Sarkozy l’a oubliée en allant au Fouquet’s en 2007», estime-t-il. Ce n’est pas une histoire de «story telling» car ce n’est pas de «la com’» insiste le politologue, mais c’est «dire où on va et expliquer comment on y va», «donner une finalité, une cohérence aux actions». Un rôle qu’il est le seul à pouvoir assumer. «Jean-Marc Ayrault n’est qu’un mécanicien de la mécanique gouvernementale.» Et de prévenir: «Attention à ne pas faire comme Jacques Chirac qui, une fois élu, est parti à l’international, laissant les affaires du pays à Alain Juppé.» On se souvient comment ça avait fini.

Maud Pierron
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