François Lamy: «Il faudra que Martine Aubry intervienne dans la vie politique»

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Publié le 26 août 2012.

INTERVIEW - Le ministre délégué à la Ville, bras droit de Martine Aubry, évoque l'avenir de la première secrétaire et du parti...

Martine Aubry va passer la main en novembre au congrès, quel bilan faites vous de ses quatre ans à la tête du PS?

Le bilan de Martine Aubry c’est d’avoir réussi à préparer toutes les conditions qui ont permis la victoire de François Hollande à la présidentielle et des députés aux législatives. Dans un parti très divisé, elle a rassemblé en utilisant les compétences et non des courants. Puis, avec l’ensemble des élus locaux, elle a gagné l’ensemble des élections intermédiaires. Elle a enclenché une rénovation en profondeur du parti, avec notamment la fin du non cumul des mandats. On voit que c’est un processus irréversible. Elle a rassemblé autour d’un projet et c’est la première fois que le PS était unanime sur un texte et il y a eu l’organisation de la primaire dans des conditions extraordinaires. Tous ces ingrédients ont amené à la victoire de la gauche.

Pourtant ça a très mal commencé en 2008 pour Martine Aubry. A-t-elle évolué pour reprendre la main?

C’est vrai, le congrès de Reims a été désastreux pour l’image du PS. A l’époque, le PS était traversé par des querelles d’égo et l’élection européenne arrivait rapidement. Elle a fendu l’armure, renversé la table en 2009 à La Rochelle, et à partir de là on a vu une première secrétaire pleinement dans son action et acquérant petit à petit du plaisir à être première secrétaire. Il y a eu aussi ce Tour de France, ce moment où elle a reconnecté les Français et les socialistes (en 2010).  A partir du moment où elle était au cœur des Français, avec une équipe soudée autour d’elle, petit à petit, elle est rentrée dans le costume de première secrétaire.

Quel sera son avenir?

Ce que je lui souhaite, c’est de retrouver plus de plaisir à l’action politique, je la sais très attachée à ce qu’elle fait à Lille. Je lui souhaite aussi de prendre un peu de hauteur car vous savez, gérer le parti, c’est un problème par jour. Mais il y aura des moments où il faudra qu’elle intervienne dans la vie politique car c’est une voix qui compte, de gauche et le parti et le gouvernement en auront besoin.

Sa succession semble cadenassée, on ne comprend pas bien comment vous allez désigner le futur premier secrétaire si ce n’est que Martine Aubry le choisira. C’est la rénovation des pratiques?

Ce processus, qui veut que le premier signataire de la motion majoritaire soit le premier secrétaire, est issu du choix des militants. On a décidé de reconnecter le choix du premier secrétaire et le choix des orientations politiques. Le choix sera fait bien entendu en accord avec Martine Aubry, mais aussi avec le Premier ministre et l’ensemble des responsables du parti. Eux-mêmes représentants des milliers de socialistes. C’est un processus nouveau, peut-être moins rapide et moins spectaculaire mais qui devrait permettre d’ancrer tout de suite le futur premier secrétaire à l’intérieur du parti.

Propos recueillis par Maud Pierron, à La Rochelle
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