Jean-François Copé à Chateaurenard où il a officialisé sa candidature à la présidence de l'UMP, le 26 août 2012.
Jean-François Copé à Chateaurenard où il a officialisé sa candidature à la présidence de l'UMP, le 26 août 2012. - GERARD JULIEN / AFP

Enora Ollivier, avec AFP

C'est un secret de Polichinelle qui a été révélé ce dimanche midi. Jean-François Copé s'est déclaré officiellement candidat à l'élection du nouveau président de l'UMP, qui promet un duel féroce avec François Fillon, favori des sondages.

«Je suis candidat à la présidence de l'UMP!», a-t-il lancé devant un parterre de militants réunis à Châteaurenard, dans les Bouches-du-Rhône. «Je suis candidat pour rassembler, pour conduire une opposition qui colle aux réalités du terrain, qui n'a pas froid aux yeux. Je suis candidat pour vous mener aux victoires en 2014 [date des prochaines élections municipales, ndlr]», a-t-il poursuivi, en assurant qu'en revanche «le congrès de l'UMP (n'avait) rien à voir avec une primaire avant l'heure».

«J'ai été élevé dans le culte de la France»

Jean-François Copé a par ailleurs revendiqué l'héritage de Nicolas Sarkozy. «Je le dis clairement à ceux qui voudraient remettre en cause son action, ils me trouveront sur leur route», a-t-il martelé, avant d'entamer un discours sur la France. «J'ai été élevé dans le culte de la France», a-t-il déclaré. «Aussi loin que remonte ma mémoire d'enfant, j'ai l'idée que servir mon pays est la destinée la plus belle qui soit».

«J'ai besion de vous!», a lancé le député-maire de Meaux à l'adresse des militants, en reprenant la formule que Nicolas Sarkozy lançait à la fin de ses meetings pendant la campagne présidentielle. Jean-François Copé a revendiqué l'envie d'incarner une «droite décomplexée» et a indiqué qu'il allait maintenant «sillonner la France dans tous les sens» pour aller à la rencontre des sympathisants.

Son entrée en lice est le contraire d'une surprise: le député-maire de Meaux a fait du contrôle du parti une étape essentielle vers la conquête de l'Elysée en 2017. Mais le secrétaire général de l'UMP, d'ordinaire si pressé, s'en est tenu à son calendrier en ne se dévoilant qu'à la fin de l'été. Deux mois après son rival et à trois mois de l'élection, le 18 novembre, par les adhérents du successeur de Nicolas Sarkozy, dernier président en titre de l'UMP.

Comme tous ses concurrents, Jean-François Copé doit réunir, pour que sa candidature soit validée, les parrainages d'au moins 7.924 militants de l'UMP à jour de cotisation, ce qui devrait être une formalité pour lui.

«Il y a du Sarkozy en Copé», selon Chatel

De sa candidature, il a voulu faire une démonstration de force: plus de 2.000 partisans attendus, près de 70 parlementaires ou ex-parlementaires, dont les patrons des groupes UMP à l'Assemblée et au Sénat, Christian Jacob et Jean-Claude Gaudin, et son discours qu'il a travaillé tout l'été, d'une durée d'une heure et retransmis en direct sur les chaînes d'information.

Contrairement à son rival, qui distingue désormais le «fillonisme» du sarkozysme, Jean-François Copé a choisi de coller au maximum à Nicolas Sarkozy, toujours aussi aimé des militants.

Conscient de ne pas jouir de la stature d'homme d'Etat de son rival, il met en avant son expérience de meneur d'hommes et de femmes, à la tête des députés UMP (2007-2010) puis du parti depuis novembre 2010. L'ex-ministre Luc Chatel loue «un chef d'équipe hors pair». «Il y a du Sarkozy en Copé», assure-t-il alors que Jean-Pierre Raffarin décèle en lui «du Chirac».

«Ca va décoiffer»

Largement distancé dans les sondages -auprès des seuls sympathisants- il fait le pari que les militants, très à droite, préfèreront son profil de combattant à l'image plus lisse de François Fillon.

«Et maintenant qu'il est candidat, ça va décoiffer», promet un proche. Jean-François Copé, qui labourait déjà les fédérations, va mener campagne tambour battant avec des déplacements quasi quotidiens (27 programmés en septembre). Dès la semaine prochaine, il sera dans les Côtes d'Armor et en Charente-Maritime.

La guerre Fillon-Copé s'annonce sans merci. Malgré sa convalescence qui l'a empêché d'être samedi au rassemblement des Amis de Nicolas Sarkozy à Nice, François Fillon a finalement décidé de tenir lui aussi une réunion publique dimanche, dans son ancien fief sarthois.