Traité européen: appels socialistes à serrer les rangs derrière Hollande

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Publié le 26 août 2012.

Le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, et plusieurs ténors socialistes ont appelé à La Rochelle à l'unité autour de François Hollande sur le traité budgétaire européen, qui suscite des frictions internes au PS, tandis que certains parlementaires réservent leur position.

"Ce traité, (...) ce n'est pas l'alpha et l'oméga de notre politique, ce n'est pas la fin. C'est une étape, il faut qu'il y en ait d'autres", a lancé Jean-Marc Ayrault devant les jeunes socialistes à l'université d'été de La Rochelle.

Le traité doit être soumis au Parlement pour ratification en octobre. Il se heurte aux réticences ou à l'hostilité de l'aile gauche du PS et de nombreux responsables d'Europe Ecologie-Les Verts (EELV).

"Je sais que ça soulève des interrogations et des débats", a reconnu le Premier ministre, qui a invité toutefois les socialistes "à consolider la majorité parlementaire" autour du président.

"Lorsque François Hollande représente la France dans les sommets européens", il faut qu'il "arrive avec derrière lui une majorité de citoyennes et de citoyens", a déclaré Jean-Marc Ayrault.

"Il ne faut pas affaiblir le président de la République et le gouvernement dans la bataille qu'ils mènent" en faveur de la relance et contre la "finance démente", face à des "gouvernements conservateurs qui considèrent que la croissance, c'est l'approfondissement du libéralisme en Europe", avait lancé un peu plus tôt le ministre délégué aux Affaires européennes, Bernard Cazeneuve.

La veille, la première secrétaire Martine Aubry avait appelé les critiques du traité budgétaire à "prendre leurs responsabilités".

"Si certains ne sont pas d'accord là-dessus, ça veut dire qu'ils ne sont pas d'accord avec la politique qui va être menée", avait-elle ajouté.

Samedi, le numéro deux du PS, Harlem Désir, a souligné également que François Hollande avait "besoin de notre soutien" pour "continuer cette bataille" auprès des gouvernements européens.

Ces appels à serrer les rangs surviennent également à un moment où le dirigeant du Front de gauche, Jean-Luc Mélenchon, très critique, donne de nouveau de la voix.

Dans une lettre à François Hollande rendue publique samedi, quinze parlementaires socialistes, qui réservent encore leur opinion sur ce texte, ont réclamé des éclaircissements du président sur sa "vision du futur" de l'Europe.

Le traité budgétaire européen n'est qu'une "étape", a dit la sénatrice Laurence Rossignol, signataire du texte.

"Pour créer de l'adhésion", il est important que "se dessine une perspective durable pour l'Europe et pour la France dans l'Europe", soulignent les parlementaires.

Le député Razzy Hammadi (Seine-Saint-Denis), de l'aile gauche du PS, a réitéré quant à lui son refus de signer le traité, récusant l'idée que l'opposition au texte puisse "affaiblir" François Hollande. Le traité suscite "un débat" au sein de la gauche mais "pas un clivage", a-t-il dit, interrogé dans les couloirs.

Plusieurs intervenants ont exposé les tâches qui s'imposaient à leurs yeux en Europe, à une époque où ses citoyens "angoissés et divisés" sont confrontés à un monde qui connaît des bouleversements sans précédents, a lancé Guillaume Klossa, président du think tank EuropaNova.

Avec d'autres orateurs, Guillaume Klossa a insisté sur l'enjeu que revêt déjà l'élection au Parlement européen en 2014.

Pour mettre fin à un "fédéralisme confisqué et technocratique", Harlem Désir a jugé impératif que 2014 devienne le "rendez-vous", avec "tous les autres socialistes européens et les progressistes", pour l'élection d'un président de la Commission européenne ayant un programme de "résistance à la toute puissance des marchés" et prônant une "Europe solidaire au service des peuples".

© 2012 AFP
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