Université d'été du PS: L'aile gauche cherche sa place et vise le traité budgétaire européen

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Publié le 25 août 2012.

POLITIQUE - Ce qui agace Martine Aubry qui les met face à leurs responsabilités...

De notre envoyée spéciale à La Rochelle,

Calme plat sur La Rochelle pour cette édition 2012 de l’université d’été. Enfin presque. Car l’aile gauche du PS a déjà en tête la ratification, prévue fin septembre, du traité budgétaire européen. Qu’ils refusent. L’Europe, ce sujet «identitaire» qui divise toujours au PS. A son arrivée vendredi à La Rochelle, Marie-Noëlle Lienemann a clairement dit qu’elle refuserait de voter ce texte. «J’étais opposé à ce texte avant, j’y suis toujours opposé, il faut être cohérent, même si je salue l’action de François Hollande sur ce texte qui a permis de commencer à lever le couvercle», explique de son côté Jérôme Guedj, qui a déposé une contribution avec la sénatrice de Paris.

Conviction et coup tactique

«C’est un non exigeant de soutien à François Hollande et un non pro-européen», promet-il. Car c’est un «non» qui aidera François Hollande à négocier d’autres textes européens en s’appuyant «sur ce rapport de force», veut-il croire. Un autre fédéralisme est possible», assure-t-il. «C’est le texte de Merkozy, pas celui de Hollande», insiste-t-il.

Marie-Noëlle Lienemann rappelle que 30% des électeurs qui ont voté François Hollande ont hésité avec Jean-Luc Mélenchon, notoirement opposé à ce texte. Un rejet du texte lui «ferait tellement plaisir. Cela permettrait à François Hollande de reprendre son bâton de pèlerin pour renégocier le texte», imagine-t-elle, avant de qualifier ce scénario de «chimères».

Au-delà des convictions, l’aile gauche vend un bon coup tactique au moment où Mélenchon se met à taper comme un sourd sur le gouvernement. «Il ne faut pas externaliser à l’extrême gauche la contestation à la construction européenne. Politiquement, il ne faut pas qu’il y ait une césure entre le PS et le reste de la gauche», assure-t-il. «La gauche est menacée par le conformisme, la pensée unique et le doigt sur le pantalon», plaide-t-il encore. Mais sans «donner de leçon ni avoir un ton comminatoire».

La mise au point d'Aubry

Les deux assurent que leur refus de voter le texte ne mettra pas à mal la solidarité gouvernementale. «Il ne faut être ni un parti godillot, ni un parti guérilla», glisse Jérôme Guedj. «François Hollande a assez de science politique pour savoir gérer à certains moments des désaccords et faire le rassemblement», espère Marie-Noëlle Lienemann. On ne sait pas si le chef de l'Etat a prévu de faire appel à son fameux sens de la synthèse mais Martine Aubry, vendredi soir, a mis les choses au clair devant les journalistes qu’elle recevait pour son traditionnel pot: «Si j'étais au gouvernement et si je ne partageais pas une décision aussi importante, j'en tirerais moi-même les conséquences». La question portait sur les écologistes, et notamment sur les ministres écologistes, mais le rappel à l’ordre vaut pour les socialistes, a-t-elle précisé.

Au même moment, à l’autre bout de La Rochelle, à l’hôtel Mercure, les partisans de l’aile gauche, du courant «Un monde d’avance», se réunissent. Les réticences sur le traité surgissent de nouveau. La mise au point d’Aubry surprend alors que le Premier ministre ne s’est pas encore exprimé sur le sujet. Les amis de Benoît Hamon, Henri Emmanuelli et Marie-Noëlle Lienemann auront croisé quelques journalistes qui participaient à un «brief» de Bernard Cazeneuve, le ministre délégué aux Affaires européennes, précisément sur le traité budgétaire.

«Je mets toute mon énergie dans le dialogue avec toutes les composantes de la gauche», avance-t-il, se disant d’une «incommensurable patience». Mais si la gauche du PS s’agite, c’est «parce qu’il y a le congrès qui arrive», dit-il. Jérôme Guedj ne s’en cache pas. «C’est une période particulière d’avant congrès, il faut le jouer à fond. Nous sommes un parti politique, ça n’a rien d’infamant d’y penser». Pour lui, il s’agit de «donner le tempo dès le début» sur la nécessité du débat dans la majorité. «C’est un équilibre subtil qu’on n’a jamais trouvé», concède-t-il.

Maud Pierron, à La Rochelle
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