Le premier rassemblement de l'Association des amis de Nicolas Sarkozy a donné lieu samedi à Nice à une grand-messe à la gloire de l'ancien président, aux accents parfois d'oraison funèbre, avec en toile de fond le duel à couteaux tirés Fillon-Copé pour la présidence de l'UMP.
Le premier rassemblement de l'Association des amis de Nicolas Sarkozy a donné lieu samedi à Nice à une grand-messe à la gloire de l'ancien président, aux accents parfois d'oraison funèbre, avec en toile de fond le duel à couteaux tirés Fillon-Copé pour la présidence de l'UMP. - Valery Hache afp.com

avec AFP

Le premier rassemblement de l'Association des amis de Nicolas Sarkozy a donné lieu ce samedi à Nice à une grand-messe à la gloire de l'ancien président, aux accents parfois d'oraison funèbre, avec en toile de fond le duel à couteaux tirés Fillon-Copé pour la présidence de l'UMP.

Le rendez-vous organisé par les sarkozystes historiques Brice Hortefeux et Christian Estrosi, responsables de l'association, a attiré sur la Côte d'Azur tout le ban et l'arrière-ban de l'UMP et de 1.500 à 2.000 («près de 4.000», selon Christian Estrosi) militants orphelins de leur champion.

«Copé! Copé!»

A l'exception notable de François Fillon qui, convalescent, s'était fait excuser, tous les prétendants -déclarés ou hésitants- à la présidence de l'UMP étaient de la partie. De Xavier Bertrand à Nathalie Kosciusko-Morizet en passant par Bruno Le Maire, chacun a voulu mesurer sa popularité auprès des militants, signant des autographes ou se faisant photographier avec eux.

Vingt-quatre heures avant sa déclaration officielle de candidature à Châteaurenard (Bouches-du-Rhône), le secrétaire général de l'UMP, Jean-François Copé, s'est offert une petite répétition avec un mini-bain de foule où il a eu droit à des «Copé! Copé!».

«Nicolas Sarkozy nous manque et il manque à la France...»

La journée était empreinte de nostalgie sarkozyste. «Nicolas Sarkozy nous manque et il manque à la France...», a lancé le maire de Nice, Christian Estrosi. Nostalgie toujours lors de la diffusion d'un petit film de 5 minutes tout entier à la gloire du «président réformateur» et du «protecteur».

Les yeux parfois embués de larmes, les militants ont revu les grands moments de la campagne de 2012 (meetings de Villepinte, de la Concorde et du Trocadéro...), des images de bains de foule ou de visites d'usines et une séquence louant son action internationale (Géorgie, Libye, Afghanistan, Barack Obama saluant «le président Sarkozy qui a fait preuve d'un leadership impressionnant»). «C'est un bel éloge mais ça fait quand même un peu éloge funèbre», admettait un élu UMP.

Sarkozy, «un Français parmi les Français»

A la tribune, tous les responsables de l'UMP se sont bousculés pour théoriser le sarkozysme, l'identifiant unanimement au «courage», et ne pas insulter l'avenir en estimant, face à des militants nombreux à rêver d'un retour, que l'ancien chef de l'Etat, même redevenu «un Français parmi les Français», reste «engagé».

Critiqué pour avoir pris ses distances, ces derniers jours, avec le sarkozysme, qu'il a distingué du «fillonisme», François Fillon a, dans un message lu par Christian Estrosi, tenu à saluer la «vitalité indomptable et créative» de l'ancien président. «De ce quinquennat, on parlera peut-être un jour d'années courage comme on parlait des Trente glorieuses...».

«Servons Nicolas Sarkozy, ne l'utilisons pas!»

Jean-François Copé, qui essaie de se poser en héritier de Nicolas Sarkozy, s'est attaché à démontrer, sans jamais le citer, que son rival n'avait pas les qualités «d'homme d'Etat» de l'ex-président, à savoir «le refus de la prudence dans l'action publique», «la prise de risques» et «ne jamais lâcher ceux qui sont à vos côtés». Si Xavier Bertrand en a appelé au «devoir d'unité, quelles que soient les compétitions» à venir, y voyant un «commandement de Nicolas Sarkozy», cela semble peine perdue tant la compétition Fillon-Copé s'annonce tendue.

«Servons Nicolas Sarkozy, ne l'utilisons pas!» a mis en garde à la tribune Eric Ciotti, directeur de campagne de François Fillon. «Je regrette que Copé ait choisi d'attaquer Fillon dans cet espace de neutralité», glisse Laurent Wauquiez, lieutenant de l'ex-Premier ministre. Pour les fillonistes, «Copé, fortement distancé dans les sondages, jette toutes ses forces sur un dernier truc "je suis le décalc en light de Sarkozy"».