A La Rochelle, Olivier Falorni en rock star

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Publié le 24 août 2012.

POLITIQUE - Le député exclu du PS a fait une arrivée de rock star ce vendredi après-midi à La Rochelle, en marge de l’université d’été du PS...

De notre envoyée spéciale à La Rochelle

«Tu viens, toi, à Falorni?» Moue dubitative de la journaliste. Le tombeur de Ségolène Royal, exclu du PS, a convié la presse ce vendredi à 15h30 dans un café du centre ville de La Rochelle (Charente-Maritime). Et puis la mollesse de l’ouverture de l’université d’été du PS, l’absence de ténors ou leur départ rapide après l’ouverture officielle du rendez-vous, achève de convaincre l’hésitante. A l’heure dite, déjà une cinquantaine de journalistes attendent le député local sous une pluie naissante. Et une centaine de badauds fait le pied de grue en face, intrigués. Un touriste demande à un journaliste ce qui se trame. «On attend Falorni.» «C’est qui?» rétorque-t-il interloqué, «je croyais que c'était une star». Presque. Et pour parfaire l'air de comédie de boulevard de lscène, Martine Aubry passe en voiture, et regarde la foule de journalistes avec son air des mauvais jours. Interrogé un peu plus tôt sur «l’événement» Falorni, Harlem Désir avait tout simplement refusé de répondre quoi que ce soit. «Qu’il soit chez lui, c’est normal, mais convoquer la presse, c’est un peu trop», avait prudemment commenté David Assouline, porte-parole du PS.

«Is this a famous football player?»

Et voilà Olivier Falorni qui arrive par une rue perpendiculaire, la meute journalistique court vers sa cible, comme aux plus belles heures de la campagne présidentielle, sous des gouttes de plus en plus grosses. Un enfant demande à son père: «C’est François Hollande?» Presque. Les journalistes rient mais s'interrogent sur ce cirque médiatique dont ils sont les acteurs. Cette agitation serait-elle une mauvaise rechute de la campagne présidentielle? La cohue est immense, un autre touriste étranger demande: «Is this a famous football player?»

Un mur de photographes s’organise pour faire de belles photos du héros local et râle quand les télés brisent le cordon pour aller lui parler. Des gouttes de pluie perlent sur le front d’Olivier Falorni. «Je n’ai pas envie de perturber l’université d’été du PS, j’ai trop de respect pour les militants et pour cet événement que j’ai organisé pendant huit ans», commence-t-il sans convaincre ses auditeurs trempés. Sa sortie, «ce n’est pas de la provocation, je suis ici dans ma ville», assure-t-il, dans son (déjà) éternel costume gris. Simplement, les journalistes n’ont pas cessé de le solliciter et «une fois que j’aurais dit ce que j’ai à dire, je serais tranquille». A voir.

«Rain man» comme Hollande

Le voilà reparti, escorté par des dizaines de reporters. La nuée avance très lentement jusqu’au Café de la régate. Des sympathisants l’y applaudissent, crient «Bravo !» Il sert des mains. La pluie continue, il sourit. «Il fait son Hollande là», commente une Rochelaise. Son ami répond: «Ba oui, en plus il pleut.» Dans le café, certains l’apostrophent: «Hé, rain man», le même surnom que celui attribué à François Hollande par la presse britannique.

Alors que veut dire Olivier Falorni aux quinze dictaphones et quinze micros qui le pressent? Qu’il est blessé, que «c’est forcément un peu douloureux d’être loin de sa famille politique», que cette «situation est absurde» mais aussi que son combat fratricide contre Ségolène Royal a «valeur de symbole partout» désormais. De l’affrontement entre «deux conceptions de la politique», celle du parti «aux méthodes archaïques» qui «parachute une candidate» contre «l’élu local».  «Olivier, Olivier, par là !» hèlent, comme au festival de Cannes, les photographes qui ont pris place à l’étage. Il tourne la tête, puis reprend: «Le vote citoyen a tranché.» Il assure recevoir des dizaines de courriers, de la France entière et même de l’étranger pour le féliciter d’avoir vaincu le parti autoritaire.

Si c’est dur d’être loin de sa famille politique, sa «réintégration, [il] n’y pense pas tous les matins en se rasant», jure celui qui siège avec les radicaux de gauche. C’est «anecdotique». Ce qu’il veut, c’est que le PS prenne en compte ce qui s’est passé ici pour changer ses façons de faire. «Il faut que le PS respecte le vote citoyen. Il ne faudrait pas qu’il gâche l’élan citoyen des primaires», répète-t-il. Un peu plus tôt, Jean-François Fountaine, l’ex-président du comité de soutien de Falorni expliquait aux journalistes: «Les plaies ne seront pas refermées tant qu’Olivier ne sera pas réintégré.»

Maud Pierron, à La Rochelle
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