Les réformes de rentrée annoncées par le premier ministre Jean-Marc Ayrault, qualifiées de "demi-mesures" par certains éditorialistes, n'ont pas provoqué selon eux de "raz-de-marée d'enthousiasme".
Les réformes de rentrée annoncées par le premier ministre Jean-Marc Ayrault, qualifiées de "demi-mesures" par certains éditorialistes, n'ont pas provoqué selon eux de "raz-de-marée d'enthousiasme". - Thomas Samson afp.com

avec AFP

Les réformes de rentrée annoncées par le premier ministre Jean-Marc Ayrault, qualifiées de «demi-mesures» par certains éditorialistes, n'ont pas provoqué selon eux de «raz-de-marée d'enthousiasme».

En renonçant à plusieurs promesses de campagne, comme le blocage des prix de l'essence ou le doublement immédiat du plafond du livret A, le gouvernement effectue «une rentrée par la petite porte», estime Gaëtan de Capèle dans Le Figaro. Aux maux de l'économie française, le médecin «Jean-Marc Ayrault a délivré une mini-ordonnance», regrette l'éditorialiste qui juge ces «premières mesures (...) totalement déconnectées des urgences du moment.»

«Le bilan n'est pas fameux»

C'est la gueule de bois également du côté de L'Humanité où Paule Masson concède que «le bilan n'est pas fameux». Qu'il s'agisse du «reflux des prix à la pompe (ou) des emplois d'avenir», tout semble «provisoire» souligne l'éditorialiste, reprenant le terme utilisé par Jean-Marc Ayrault. Jacques Camus (La République du Centre) retient du positif dans «la volonté manifeste de mettre en scène un gouvernement "dans l'action"», après les critiques sur l'immobilisme.

«Hâlé et martial», Jean-Marc Ayrault a annoncé la rentrée «au galop (...) et au son du clairon», souligne Yves Harté dans Sud Ouest, signe selon lui que «François Hollande a entendu les remarques sur la mollesse des cent jours». Mais selon Jacques Camus, «si le pouvoir a fait le maximum dans la forme, on dira qu'il a fait dans les demi-mesures», dans lesquelles Didier Louis (Le Courrier Picard) ne distingue «pas de nouvelles réformes à l'horizon» et peine à «déceler un volontarisme conquérant».

«Après le Président normal, voici le Premier ministre "modeste"»

Même scepticisme chez Jacques Guyon (La Charente Libre) qui juge que «malgré ce volontarisme affiché, force est de constater que les mesures annoncées mercredi n'ont pas provoqué un raz-de-marée d'enthousiasme». Pire que des demi-mesures, les annonces de Jean-Marc Ayrault sonnent, selon lui, «comme une trahison des promesses de campagne.»

«Après le Président normal, voici le Premier ministre "modeste"», ironise Hervé Cannet (La Nouvelle République du Centre ouest). Ce «bal des formules» fait sourire Philippe Marcacci (L'Est Républicain) qui rappelle que si «la réalité s'écrit avec des mots (...) au bout du compte, elle reste souvent prisonnière des chiffres, ceux (...) du déficit public». Derrière la modestie, Francis Laffon (L'Alsace) entrevoit «une prudence de sioux pour s'adapter aux réalités de la conjoncture» et s'amuse d'un gouvernement qui crie «en avant toute, mais surtout, en avant doute».