Le député EELV Denis Baupin, le 6 juin 2012 à Paris.
Le député EELV Denis Baupin, le 6 juin 2012 à Paris. - R. YAGHOBZADEH / SIPA

Propos recueillis par Enora Ollivier

Entre désaccords sur le traité européen et noms d’oiseaux entre Daniel Cohn-Bendit et Eva Joly, les journées d’été d’Europe Ecologie–Les Verts débutent dans une certaine tension à Poitiers. Denis Baupin, député EELV de Paris et vice-président de l’Assemblée nationale revient sur cette rentrée tumultueuse et sur les enjeux de ces journées.

Quelle est votre position sur la question du traité budgétaire européen, que le Parlement doit adopter en septembre?

Moi je pense que ce traité ne correspond pas à ce que l’on peut attendre de la construction européenne. En 2005, j’étais pour le «oui» au traité constitutionnel mais, je trouve que ce texte-là comporte uniquement des défauts. Maintenant, j’attends le débat qui va avoir lieu au sein du parti et au sein de notre groupe parlementaire, j’attends d’entendre les arguments de Dany [Cohn-Bendit, qui est favorable à ce traité] pour voir quelle position nous allons adopter. Mais il n’y a a priori aucune raison qu’on vote pour.

Daniel Cohn-Bendit juge que cette position revient à «faire du Mélenchon»…

Si le choix c’est entre Sarkozy et Mélenchon, entre être pour le traité ou être contre, on est mal barrés! J’espère qu’il y a des alternatives! Le président de la République avait promis de renégocier le traité. Que nos partenaires socialistes soient satisfaits de ce qu’il a obtenu, tant mieux pour eux. Nous, on estime que le contrat n’est pas rempli.

Daniel Cohn-Bendit, encore lui, a ironisé en estimant qu’Eva Joly, qui s'oppose au traité, «n’avait qu’à faire un référendum sur l’euro en Norvège». Il y a une mauvaise ambiance à EELV?

Tout ça, c’est un peu de l’écume, ça laisse froid la plupart des militants. Ces noms d’oiseaux donnés par médias interposés, ce n’est pas très intéressant. Je ne peux que leur conseiller de se parler au Parlement européen [où tous les deux sont élus].

Qu’attendez-vous de ces journées d’été d’EELV?

Aujourd’hui, nous avons deux ministres, un groupe à l’Assemblée, un groupe au Sénat. L’enjeu, c’est de montrer que nous pouvons être crédibles dans la majorité, que nous pouvons peser dans les décisions, que Cécile Duflot peut agir dans ce gouvernement. On ne peut pas nier que l’accord passé avec le PS pour les législatives – que je ne renie pas – est passé aux yeux de beaucoup pour un calcul politique. Nous devons maintenant redonner la confiance, montrer que notre choix était pertinent. Deuxièmement, il faut que l’on rouvre les portes, qu’on se réinscrive dans une démarche d’ouverture à ceux qui finalement ne sont pas éloignés de l’écologie politique. Nous avons raté des rendez-vous, avec Nicolas Hulot et son entourage par exemple. Il y a là un travail à reprendre. Nous ne devons pas nous replier sur notre nombril, car c’est totalement mortifère.