Le tribun de la gauche radicale et ex-candidat à la présidentielle Jean-Luc Mélenchon qualifie de "creux" et de "presque rien" le bilan des cent premiers jours du socialiste François Hollande à la tête de la France, dans un entretien au Journal du dimanche.
Le tribun de la gauche radicale et ex-candidat à la présidentielle Jean-Luc Mélenchon qualifie de "creux" et de "presque rien" le bilan des cent premiers jours du socialiste François Hollande à la tête de la France, dans un entretien au Journal du dimanche. - Thomas Samson AFP

L'ex-candidat à la présidentielle Jean-Luc Mélenchon qualifie de «creux» et de «presque rien» les cent premiers jours de François Hollande, prévenant qu'on ne confondrait pas «normal» et «social-libéral», dans une interview au Journal du dimanche.

Les 100 jours «ce fut une session du temps perdu. Cent jours pour presque rien», affirme-t-il, ajoutant: «quand je regarde le creux des cent jours et la multiplication des commissions, j'en conclus que nous étions mieux préparés que les socialistes à exercer le pouvoir».

Selon lui, «Hollande a désamorcé le contenu insurrectionnel du vote de la présidentielle. Il l'a dilué dans les sables des plages du Var. Comme si l'élection s'était résumée à une question de personnes: un normal à la place d'un agité et tout serait dit. Eh bien, non. Et on ne parviendra pas à nous faire confondre normal et social-libéral!», lance l'ex-candidat du Front de gauche.

Montebourg a fait une «faute»

«Après dix ans, la gauche revient au pouvoir et tout ce qu'il y aurait d'urgent à faire, ce serait un collectif budgétaire et une loi sur le harcèlement sexuel? Nos députés ont voté le collectif: c'est un coup de serpillière sur les plus grosses taches laissées par Sarkozy. Mais ce n'est pas assez pour faire le ménage», estime-t-il.

«Pourquoi ne pas avoir passé la loi sur les licenciements boursiers? (...) Et la loi bancaire? Il fallait marquer un rapport de force avec la finance (...)! Il faut faire le boulot maintenant! L'atermoiement continu laisse les mains libres à la finance! Assez temporisé!», estime-t-il.

En particulier, il qualifie de «faute» le fait qu'Arnaud Montebourg n'ait pas fait voter à la session de juillet «la loi interdisant les licenciements boursiers et accordant un droit de préemption des travailleurs sur les entreprises abandonnées par leurs propriétaires».

«C'est Hollande le patron, non?»

Pour lui, il y a eu «capitulation» du chef de l'Etat lors de la négociation du volet croissance, en juin, du traité européen budgétaire: «Hollande est un social-libéral comme ceux qui ont déjà conduit aux désastres grec, espagnol et portugais», affirme-t-il.

«Ce n'est pas parce que François Hollande veut être normal que la situation va le devenir», selon lui.

Sur les Roms, il raille l'action du gouvernement: «quelle est la différence entre un baraquement cassé sur ordre d'un ministre de droite et un baraquement cassé sur ordre d'un ministre de gauche? C'est le degré zéro de l'imagination! La répression ou le statu quo: est-ce la seule alternative? Ce n'est pas acceptable. Là aussi, il y a des mesures urgentes à prendre: ouvrir l'accès au marché du travail, par exemple. Valls fait du Valls. Mais c'est Hollande le patron, non?»

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