La sécurité est "non seulement une priorité mais une obligation": cent jours après son élection, François Hollande a promis mardi de répondre avec toute la rigueur républicaine à l'insécurité, lors d'une visite coïncidant avec les violences survenues à Amiens.
La sécurité est "non seulement une priorité mais une obligation": cent jours après son élection, François Hollande a promis mardi de répondre avec toute la rigueur républicaine à l'insécurité, lors d'une visite coïncidant avec les violences survenues à Amiens. - Boris Horvat afp.com

© 2012 AFP

La sécurité est "non seulement une priorité mais une obligation": cent jours après son élection, François Hollande a promis mardi de répondre avec toute la rigueur républicaine à l'insécurité, lors d'une visite coïncidant avec les violences survenues à Amiens.

Le chef de l'Etat rendait hommage à Pierrefeu-du-Var à deux jeunes femmes gendarmes, Alicia Champlon, 29 ans, et Audrey Berthaut, 35 ans, tuées par un délinquant multirécidiviste le 17 juin à Collobrières, un village voisin.

Mais il s'exprimait aussi après une nuit d'affrontements dans le chef-lieu de la Somme, où une centaine de jeunes se sont violemment opposés aux forces de l'ordre, mettant à sac plusieurs bâtiments publics dont une école maternelle.

"Tous les moyens de l'Etat" seront mis en oeuvre pour lutter contre ces violences a averti le président de la République, accompagné du ministre de l'Intérieur Manuel Valls. "Avec moi, la loi s'applique partout et fermement", a renchéri ce dernier avant de prendre le chemin d'Amiens.

Le nouveau pouvoir socialiste est en terre de mission sur les questions de sécurité. Selon un sondage Ifop pour Le Figaro publié samedi, seuls 35% des Français font "plutôt confiance" à François Hollande et au gouvernement pour "lutter efficacement contre l'insécurité".

Le message présidentiel se voulait donc sans ambiguïté mardi dans le Var, quitte à prendre des accents sarkoziens quand le chef de l'Etat a évoqué l'exigence d'un meilleur "suivi" des récidivistes.

"Comment comprendre qu'un condamné qui vient de purger sa peine puisse ne pas avoir de suivi, de contrôle, alors même que le caractère dangereux est encore évident après un séjour, quelle qu'en soit la durée, en prison", s'est-il interrogé.

"Comment admettre qu'après un jugement il n'y ait pas eu (...) une obligation de soins, et une information auprès des élus concernés alors même que sa localisation aurait pu prévenir, ou en tout cas dissuader, le meurtrier?", a enchaîné le chef de l'Etat.

Le gouvernement, a-t-il assuré, aura "à coeur de suivre les récidivistes" par un dispositif "de contrôle des individus les plus dangereux". Celui-ci s'appliquera aux condamnés "soumis à un contrôle judiciaire" mais aussi à "ceux qui ont achevé leur peine mais doivent encore être surveillés compte tenu de leur caractère dangereux".

Condamné à plusieurs reprises depuis 2000, le suspect du meurtre des deux femmes gendarmes, Abdallah Boumezar, 30 ans, l'avait été aussi à six mois de prison avec sursis et mise à l'épreuve pour des violences à l'encontre de sa mère quelques jours avant le drame.

Ce déplacement présidentiel à Pierrefeu-du-Var était le premier à être tout entier consacré à la sécurité. Mais le chef de l'Etat avait déjà fait une brève incursion sur ce terrain samedi, se rendant au chevet des victimes d'un braquage lors d'une visite impromptue au CHU de Grenoble.

Quittant l'hôpital, il avait annoncé que Grenoble pourrait rejoindre la liste des zones prioritaires de sécurité, soulignant "l'action résolue" du gouvernement contre les trafics d'armes en France.

Seule fausse note de la journée de mardi, Claude Berthaut, père de l'une des gendarmes tuées à Collobrières, a vu dans l'hommage présidentiel rendu deux mois après la mort de sa fille une opération de "communication", même s'il a salué le "sollicitude" du gouvernement à l'égard de sa famille.

A sa sortie de la gendarmerie, François Hollande s'est livré de bonne grâce à un petit bain de foule, ployant sous les demandes d'autographes, les bises, les accolades et les photos souvenir.