Le gouvernement affiche sa fermeté sur le démantèlement des camps de Roms, soutenu par une opinion pourtant sans illusion sur l'efficacité de la mesure qui suscite les vives protestations des associations.
Le gouvernement affiche sa fermeté sur le démantèlement des camps de Roms, soutenu par une opinion pourtant sans illusion sur l'efficacité de la mesure qui suscite les vives protestations des associations. - Mehdi Fedouach afp.com

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Le ministre de l'Intérieur Manuel Valls estime qu'en matière de camps illicites, «laisser-faire ne résout rien», que la fermeté est «nécessaire» mais que les premières réponses sont à trouver «dans les pays d'origine» des migrants concernés dont les Roms, mardi dans Libération.

Le séjour de migrants, dont les «minorités Roms d'Europe de l'Est (...) ne saurait se traduire par la multiplication et l'enracinement de campements insalubres, dangereux», poursuit le ministre de l'Intérieur dans une tribune publiée par le quotidien.

De même, «il n'est pas question de tolérer que des organisations criminelles ou certains clans familiaux organisent l'exploitation de la misère et la mise en coupe réglée d'une partie de ces migrants, les contraignant à des activités délinquantes dont ils tirent des profits réinvestis à l'étranger», ajoute-t-il.

L'action humanitaire est la clé

Manuel Valls compte sur «l'intense coopération policière avec les autorités roumaines, mais aussi nos voisins espagnols, belges, allemands, italiens soumis aux mêmes phénomènes». «C'est bien le laisser-faire qui ne résout rien et la fermeté qui est nécessaire», précise-t-il.

L'évacuation de campements résulte de «décisions prises par les tribunaux», souligne Manuel Valls, qui a demandé aux préfets «de favoriser les solutions au cas par cas, après examen social des situations».

Si «une partie des réponses» se trouve, selon lui, dans «l'action humanitaire et les initiatives décentralisées», il affirme que les «réponses premières sont d'abord à trouver dans les pays d'origine» auxquels «il revient d'assumer leurs responsabilités d'intégration de leurs minorités et de mettre un terme aux discriminations locales».

La France placée sous surveillance par l'UE

Le ministre refuse que «les uns (soient) montés contre les autres», assure qu'il n'y a pas «une communauté qui serait visée dans son ensemble ou ostracisée», et justifie les mesures d'éloignement prises.

«La loi prévoit l'éloignement vers leur pays d'origine des étrangers en situation irrégulière (qui) s'applique aux ressortissants européens ne pouvant subvenir à leur existence après trois mois de séjour», rappelle-t-il.

Face à l'Union européenne qui vient de placer la France sous surveillance, le ministre assure que «toutes les précisions utiles continueront (de lui) être apportées».