François Hollande: Cent jours de présidence et déjà des difficultés

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Publié le 13 août 2012.

POLITIQUE - Le chef de l'Etat est malmené par les critiques de l'UMP et un mauvais sondage...

Au Fort de Brégançon mais pas tout à fait en vacances. Malmené par un sondage mitigé et les critiques acerbes de l'UMP qui l'accuse d'«attentisme» dans le dossier syrien, François Hollande multiplie les initiatives - hôpital militaire en Jordanie ou visites sur le thème de la sécurité - pour montrer qu'il tient fermement la barre.

Mardi, cent jours précisément après son élection, le chef de l'Etat délaissera de nouveau et pour quelques heures sa villégiature du Fort de Brégançon, résidence officielle et estivale du président de la République, pour rejoindre à une trentaine de kilomètres de là, Pierrefeu-du-Var.

Accompagné du ministre de l'Intérieur Manuel Valls, il rencontrera la brigade de gendarmerie endeuillée de cette bourgade. Le 17 juin, une intervention qui s'annonçait banale avait viré au drame. Deux femmes gendarmes de la brigade avaient été abattues par un homme. Le chef de l'Etat «fera une déclaration à la presse», a déjà prévenu l'Elysée sans plus de précisions.

Ne pas délaisser le thème de la sécurité

Ce sera sa deuxième incursion sur le terrain de la sécurité depuis le début de ses vacances au Fort de Brégançon, le 2 août.

Samedi, après l'hommage national rendu à Varces (Isère) au 88e soldat français mort en Afghanistan, François Hollande avait déjà fait un crochet impromptu par le CHU de Grenoble pour se rendre au chevet des victimes d'un braquage ultra-violent.

Quittant l'hôpital, il avait annoncé que Grenoble pourrait rejoindre la liste des zones prioritaires de sécurité, soulignant «l'action résolue» du gouvernement contre les trafics d'armes en France. Dans l'opinion, la gauche est traditionnellement moins crédible que la droite sur le terrain de la sécurité.

Et plus largement, un sondage Ifop publié samedi par Le Figaro constitue une première alerte pour le pouvoir socialiste.

Une majorité de Français se déclarent «mécontents» de l'action du président de la République (54%) et se disent sceptiques sur sa capacité à affronter la crise même si l'Elysée pourra toujours se rassurer en notant qu'ils sont nombreux aussi (57%) à estimer que François Hollande tient ses engagements de campagne.

Tir croisé à droite

Quoi qu'il en soit, la parenthèse du fragile état de grâce qui avait suivi la présidentielle est bien refermée. «Après cent jours, M. Hollande doit encore affirmer son leadership», titrait Le Monde samedi alors que Le Figaro assurait, sondage à l'appui, que «le doute s'installe» sur sa présidence.

Le chômage atteint des niveaux records tandis que les plans sociaux se multiplient et que l'économie française se dirige tout droit vers la récession, selon la Banque de France. De quoi compliquer encore un peu plus l'équation budgétaire de 2013.

Sur le dossier syrien, c'est un bref communiqué de Nicolas Sarkozy évoquant un entretien de «près de 40 minutes» avec le chef de la principale formation de l'opposition syrienne qui a déclenché mardi une offensive concertée de l'UMP contre le locataire du Fort de Brégançon.

Dénonçant «l'inertie de la diplomatie française», le secrétaire général de l'UMP, Jean-François Copé, a ainsi exhorté François Hollande à interrompre ses vacances pour prendre «une initiative diplomatique forte».

L'ex-Premier ministre François Fillon l'a, pour sa part, de nouveau enjoint de se rendre au plus vite à Moscou pour tenter de convaincre Vladimir Poutine de lâcher Assad, dans une tribune au canon contre sa politique étrangère à paraître lundi dans le Figaro.

La France est engagée dans la «recherche obstinée» d'une solution politique en Syrie a répliqué samedi le chef de l'Etat dans un plaidoyer pro domo délivré au détour de l'éloge funèbre du major Bouzet, tué mardi en Afghanistan. Et la France remplit son «devoir humanitaire» avec le déploiement d'un hôpital de campagne en Jordanie, «au plus près» de la frontière avec la Syrie, pour venir en aide aux réfugiés et aux combattants syriens.

© 2012 AFP
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