Christiane Taubira à la sortie du conseil des ministres, le 23 mai 2012.
Christiane Taubira à la sortie du conseil des ministres, le 23 mai 2012. - V. WARTNER / 20 MINUTES

Avec Reuters

Il faut sortir du «fantasme» selon lequel les Centres éducatifs fermés (CEF) constituent «la» solution en matière de délinquance juvénile, a jugé la ministre française de la Justice, semblant remettre en cause l'engagement de François Hollande d'en doubler le nombre.

Christiane Taubira a déclaré mardi dans les colonnes de Libération avoir arrêté la transformation de 18 foyers en CEF et avoir lancé une inspection d'évaluation sur ces centres. «Il faut sortir du fantasme CEF. Il faut arrêter de dire que c'est 'la solution'», a estimé la Garde des sceaux, se disant ouverte aux solutions d'accueil en milieu ouvert où le taux de non-récidive serait selon elle de 80%.

Le candidat à l'élection présidentielle François Hollande s'était engagé à doubler le nombre de ces centres. «Je doublerai le nombre de centres éducatifs fermés pour les mineurs condamnés par la justice en les portant à 80 durant le quinquennat», indiquaient ses engagements de campagne.

«Les courtes peines génèrent de la récidive»

Christiane Taubira s'est par ailleurs montrée très critique envers les courtes peines de prison, en partie responsables selon elle de la surpopulation carcérale et du taux important de récidive des délinquants. «Il y a des années qu'on sait que la prison sur les courtes peines génère de la récidive, c'est presque mécanique. Il faut arrêter! Ca désocialise, ça coûte cher et ça fait de nouvelles victimes», a-t-elle fait valoir.

Elle a aussi assumé la décision de nommer Philippe Courroye, magistrat emblématique de l'ère Sarkozy, au parquet général de Paris. «Je suis Garde des sceaux, je prends mes responsabilités», a-t-elle indiqué.