Vue aérienne du fort de Brégançon, dans le Var. Photo prise le 30 juillet 2012.
Vue aérienne du fort de Brégançon, dans le Var. Photo prise le 30 juillet 2012. - ALAIN ROBERT/APERCU/SIPA

Enora Ollivier

François Hollande est en vacances. Et c’est en train qu’il est parti, ce jeudi après-midi, pour le fort de Brégançon (Var), pour profiter pour la première fois de cette résidence officielle des Présidents. Petite visite guidée de cette maison secondaire un peu particulière. 

Le fort de Brégançon, qu’est-ce que c’est?

C’est un château, situé sur l’îlot de Brégançon, sur la commune de Bormes-les-Mimosas dans le Var.  Le général de Gaulle y a brièvement séjourné un soir d’août 1964, alors qu’il venait présider les cérémonies du 20e anniversaire du débarquement allié en Provence, mais ce n’est qu’en 1968 que le fort est devenu une résidence officielle du président de la République -au même titre que le palais de l’Elysée et que l’hôtel de Marigny, à Paris.

Comment est conçu le fort?

La résidence se situe sur un pic rocheux de 35 mètres d’altitude, et offre ainsi à ses occupants un superbe panorama. Quand le général de Gaulle y a séjourné, en 1964, il a été séduit par la beauté du lieu mais a abhorré sa nuit: le lit était trop petit pour son mètre 93 et la chambre était infestée de moustiques. Des travaux ont depuis été entrepris et le fort est devenu une résidence confortable quand Georges Pompidou y pose ses valises estivales, en 1969.  Aujourd’hui, Brégançon dispose d’un vaste jardin, d’une piscine, d’une plage privée et d’un héliport.

Comment le site est-il protégé?

Tout au long de l’année, des gendarmes sont chargés de la surveillance du site -une protection accrue lors de la venue du chef de l’Etat.  Le fort se situe au centre d’une zone réglementée: les bateaux ne peuvent l’approcher dans un rayon de 3km et les engins ne sont pas autorisés à le survoler à moins de 1.000 mètres d’altitude. Valérie Trierweiler, la compagne de François Hollande, s’est par ailleurs rendue sur place la semaine dernière avec son officier de sécurité, pour repérer les lieux.

Amour et désamours de Présidents

Georges Pompidou et son épouse apprécient beaucoup les séjours au fort de Brégançon. A tel point qu’ils ne s’y rendent pas seulement pendant les vacances estivales mais aussi au cours de week-end, été comme hiver. Amateurs d’art, ils le font décorer et aménager de manière moderne.

Valéry Giscard d’Estaing aime aussi goûter aux réjouissances du fort. On a ainsi pu l’apercevoir en train de se baigner dans la mer non loin, comme ici en 1976.

En revanche, François Mitterrand boude plutôt Brégançon. Le chef de l’Etat y accueille toutefois le chancelier allemand Helmut Khôl, en août 1985.

Jacques Chirac, lui, renoue avec la tradition en passant plusieurs séjours  au fort -dont un, célèbre en 2001, au cours duquel il apparaît au balcon en slip, puis nu. Pourtant, l’ex-Président n’aime pas vraiment passer ses congés dans cette résidence. «A Brégançon, je m’emmerde», a-t-il ainsi confié à son chauffeur, rappelle VSD.


(Jacques Chirac à Bormes-les-Mimosas, en août 2001)

Le fort n’est pas la destination favorite de Nicolas Sarkozy non plus. Il y organise cependant un mini-sommet consacré au budget de l’Etat, à l’été 2010. Un an plus tard, on le voit faire du vélo et se promener sur la plage en compagnie de Carla Bruni-Sarkozy, enceinte.