Christian Estrosi: «Je m'attendais à de grandes annonces, il n'y a eu que des mesurettes»

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Publié le 25 juillet 2012.

POLITIQUE - L'ancien ministre de l'Industrie réagit pour «20 Minutes» au plan de soutien du gouvernement au secteur automobile...

Ministre de l’Industrie de juin 2009 à novembre 2010, Chrisitan Estrosi a participé à appliquer les mesures du gouvernement Fillon à destination du secteur automobile. Alors que les socialistes viennent de révéler leur propre plan, le député des Alpes-Maritimes évoque des «mesurettes» qui ne s’attaquent pas au vrai problème de compétitivité des entreprises.

Pourquoi le secteur automobile va si mal?

En cinq ans, les ventes de voitures en Europe sont passées de 18 millions à 14 millions par an. La C3 de Citroën a perdu 60% de sa part de marché, principalement parce que des pays comme l’Espagne sont en crise. Nous sommes en fait dans la 2e ou 3e année de restructuration de ce secteur. D’où l’importance de développer des gammes innovantes.

Vous devez donc vous réjouir de ce renforcement du bonus-malus à destination des véhicules hybrides et électriques?

Je m’attendais à de grandes annonces, il n’y a eu que des mesurettes. Ce système de bonus-malus existe déjà puisque c’est nous qui l’avons mis en place. M. Montebourg ne fait que prolonger notre action. Sauf que ces aides ne concernent que 3% du marché. Il n’y a par exemple rien de pensé pour aider les véhicules carbonés qui dégagent moins de 100g de CO2. Ces aides auraient dû bénéficier à toutes ces voitures innovantes. Surtout que c’est très bien d’aider des véhicules électriques mais avec le plan de transition énergétique du gouvernement, l’électricité va augmenter de 40 à 50% dans les années à venir.

Mais qu’auriez-vous fait à la place du gouvernement?

Une Clio produite en Turquie coûte 1.200 euros de moins à fabriquer que la même voiture fabriquée en France. Il aurait fallu s’attaquer au coût du travail et ne pas revenir, comme l’a fait le gouvernement la semaine dernière, sur tout ce que nous avions mis en place et faisait baisser les coûts de production. Cela permettrait par exemple d’aider les équipementiers français, qui fabriquent 70% des composants d’un véhicule français. Ces PME ont un coût de fabrication 15 à 20% supérieur à certains de leurs concurrents étrangers. J’aurais aimé également voir la mise en place d’une taxe aux frontières contre les véhicules qui ne sont pas produits avec les mêmes normes sociales et environnementales qu’en Europe. J’ai toujours été un patriote de l’industrie et j’ai toujours eu la volonté de taxer les produits importés produits dans des conditions différentes. Les Etats-Unis le font, pourquoi devrions-nous nous en priver?

Le groupe PSA a annoncé un déficit abyssal mercredi matin… Après avoir été au pouvoir pendant cinq ans, n’avez-vous pas votre part de responsabilité?

Sans nous, PSA et Renault auraient pu disparaître. Dans le cadre du Grand emprunt, nous avons beaucoup aidé les secteurs innovants qui permettent à la 3008 ou à la DS5 hybride d’arriver maintenant sur le marché. Tout cela, c’est aussi grâce aux aides dans les secteurs de la recherche et du développement. La chaîne de montage de la Zoé, à Flins, aurait par exemple pu s’arrêter mais nous avons mis plus de 100 millions d’euros pour sauver cette voiture. Si Ayrault et Montebourg peuvent encore sauver l’électrique, c’est grâce à nous. 

Propos recueillis par Matthieu Goar
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