François Hollande et Valérie Trierweiler à Tulle, en Corrèze, le 9 juin 2012.
François Hollande et Valérie Trierweiler à Tulle, en Corrèze, le 9 juin 2012. - BERTRAND LANGLOIS / POOL / AFP

Matthieu Goar

Pour les quelques Français qui n’ont pas encore fait une overdose de politique, il existe donc un moyen de se reprendre un shoot estival. Lundi prochain, l’office du tourisme de Tulle lance en effet son circuit touristique sur les vestiges de la Hollandie corrézienne. «Avant tout pour répondre à une demande, résume Anne  Bestault, directrice de l’office, qui a vu, depuis quelques semaines, affluer les questions sur les lieux fréquentés par Hollande dans sa bonne ville de Tulle. Nous voulions apporter une valeur ajoutée à la dimension people qui attirait les gens et les poussait à se prendre en photo devant la mairie ou à taper à la porte des bureaux fréquentés par François Hollande.»

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Au programme du «Hollande tour», la visite des lieux de pouvoir du Normand devenu Corrézien: dès 9h30, escapade à l’hôtel Marbot qui abrite le Conseil général présidé de par le socialiste de 2008 à 2012, puis arrêt à la mairie, ensuite pause déjeuner dans un des restaurants fétiches de «François» et enfin exploration de la place de la Cathédrale où l’élu a prononcé son discours le soir du 6 mai, sous la pluie évidemment. «Bien sûr, il y a le prétexte marketing autour de François Hollande mais en nous servant de cela, nous pouvons intéresser au patrimoine. Par exemple expliquer que la salle du Conseil du CG est une ancienne chapelle», détaille Bestault. Exit du programme donc la permanence du PS ou encore le bureau de vote de Hollande. «Aucun intérêt patrimonial», tranche la directrice.

Carré d’agneau et fraisier au menu «Hollande»

L’office du tourisme de Tulle a prévenu l’entourage de Hollande de cette initiative. Le président de la République n’y a trouvé rien à redire. Sollicité, le Conseil général a de son côté autorisé les futurs visiteurs à pénétrer l’hôtel Marbot où siège toujours Bernadette Chirac, une autre «star » de l’Elysée, opposante locale à Hollande. De quoi alimenter les débats au sein des petits groupes? Pas vraiment car l’office du tourisme veut absolument éviter toute discussion politique lors de la visite. «Nous avons demandé à notre guide-interprète de ne pas se laisser entraîner sur un terrain trop subjectif mais d’avoir une approche la plus scientifique possible. Ne pas s’engager sur le terrain politique c’est aussi respecter toutes les personnes qui n’ont pas voté pour lui. Restons sur la chronologie des faits qui est toujours irréfutable», analyse Anne Bestault.

Irréfutables également et moins politiques, les goûts culinaires du président de la République. Au Central, un des trois restaurants où les touristes s’arrêteront pour déjeuner, on concocte d’ailleurs en ce moment un menu «Hollande» avec le Carré d’Agneau et le fraisier qu’aime déguster Holande les dimanches d’élection. Puisque la «Hollandie» semble être aussi de la gastronomie, l’addition sera comprise dans la visite. En espérant que la Hollande mania dure un peu plus que le temps d’un été.