Avant de s'octroyer une pause estivale, François Fillon a poursuivi lundi dans les Vosges sa tournée des militants UMP, sûr de ses chances de gagner l'élection à la présidence de l'UMP, dans laquelle il voit "une primaire avant l'heure", en pensant à 2017.
Avant de s'octroyer une pause estivale, François Fillon a poursuivi lundi dans les Vosges sa tournée des militants UMP, sûr de ses chances de gagner l'élection à la présidence de l'UMP, dans laquelle il voit "une primaire avant l'heure", en pensant à 2017. - Patrick Kovarik afp.com

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Avant de s'octroyer une pause estivale, François Fillon a poursuivi lundi dans les Vosges sa tournée des militants UMP, sûr de ses chances de gagner l'élection à la présidence de l'UMP, dans laquelle il voit «une primaire avant l'heure», en pensant à 2017.

Sous un soleil radieux, l'ancien Premier ministre s'est rendu sur les terres de son ancien mentor Philippe Seguin où il a tour à tour rencontré des élus et des cadres de la fédération UMP, visité une scierie et assisté, à Saint-Michel-sur-Meurthe, à une réunion militante.

Le troisième déplacement sur le terrain, après le Loiret et la Somme, depuis sa déclaration officielle de candidature, le 1er juillet, au poste de président de l'UMP, soumis au vote des adhérents au congrès de novembre.

«Une avant-primaire»

«J'en ai juste 39 (autres) avant!» pour la présidentielle et les législatives, rappelle-t-il dans le TGV qui l'emmène de Paris avec sa garde rapprochée: Eric Ciotti, son directeur de campagne, et Laurent Wauquiez. Valérie Pécresse, qui a raté le train, les a rejoints plus tard.

Le teint hâlé -grâce au week-end passé dans son ex-fief de la Sarthe avec vélo, footing et sieste au soleil- François Fillon est montré résolument confiant sur l'issue du vote, se félicitant des sondages qui le donnent largement vainqueur face à son rival Jean-François Copé (62% contre 21% chez les sympathisants UMP selon Ifop/Le Figaro).

Après son «Je ne pense pas perdre» lâché la semaine dernière, il juge, devant des journalistes, qu'il n'y a pas de «différence fondamentale entre un sympathisant et un militant». «La proportion peut varier mais le vote ne peut pas être inversé» par rapport aux sondages, prédit-il.

Le congrès, «c'est une primaire à nous avant l'heure, qui donnera une vraie légitimité» au vainqueur, lâche même François Fillon, d'ordinaire si taiseux. «Ca veut dire une avant-primaire qui permet à notre famille de bénéficier d'un président incontestable pour les cinq ans», décrypte Laurent Wauquiez, en semblant enjamber les échéances futures: renouvellement des instances en 2015 et primaire élargie en 2016 pour désigner le candidat à la présidentielle de 2017.

Pique à NKM et Bruno Le Maire

«Cette élection sera un socle pour bâtir une maison qui va aller vers 2017», tente d'atténuer Eric Ciotti, plus prudent. Car la référence à 2017 est le principal angle d'attaque de M. Copé et des autres prétendants, comme Bruno Le Maire, Nathalie Kosciusko-Morizet et Xavier Bertrand, qui veulent déconnecter le scrutin de novembre de la course à la présidentielle de 2017.

Sur le fond, chez François Fillon, tout est bon pour se démarquer de Jean-François Copé mais sans jamais le citer. Il déplore «l'agressivité» de Jean-Pierre Raffarin, qui trouve qu'il «n'a pas le profil» pour l'UMP car trop «secret et solitaire», veut bien de la reconnaissance des «mouvements» mais pas d'une «confédération de multiples partis» et pense que, face à une gauche qui veut cliver sur «le mariage homosexuel, l'euthanasie et le droit de vote des étrangers», il faut «éviter tout ce qui divise».

«Il faut que le discours de l'UMP s'adresse à tous les Français», insiste le député de Paris. Ne vise-t-il pas aussi Nicolas Sarkozy? «Il a aussi cherché à rassembler, à sa manière. Il l'avait réussi en 2007...», lâche-t-il.

Il lance aussi des piques à NKM et Bruno Le Maire: «Je n'accepte pas l'idée qu'il y a d'un côté le combat des chefs et de l'autre des candidats qui ont des idées». Réponse à Nathalie Kosciusko-Morizet, qui relevait «le désarroi des militants face au combat des chefs»: «S'il y a désarroi, c'est un raisonnement étrange de vouloir le résoudre par des candidatures supplémentaires».

François Fillon va désormais s'offrir une pause estivale jusqu'au 19 août, date de sa rentrée en Haute-Loire, chez Laurent Wauquiez. Une semaine avant la démonstration de force de Jean-François Copé en Provence et sa -probable- entrée en lice officielle.