La méthode Arnaud Montebourg sous l'œil des syndicats

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Publié le 17 juillet 2012.

POLITIQUE - Le ministre, qui voit les dossiers s’accumuler, multiplie les rencontres, nomme des missions d’expertise et appelle directement certains syndicalistes. Analyse…

PSA, Doux, Sanofi, Air France… Son bureau croule déjà sous les dossiers. Entre 30 et 40.000 salariés français sont déjà menacés par des plans sociaux et  Arnaud Montebourg reçoit, consulte, s’affaire. Mardi encore, le ministre du Redressement productif a échangé avec  les opérateurs télécoms qui songent à réduire leur masse salariale avant d’accueillir les syndicats du constructeur automobile PSA. Et cela devrait continuer tout l’été.

 Des rencontres de ce type, Arnaud Montebourg en a enchaîné des dizaines depuis le 9 mai, quitte à énerver certains de ses collègues, comme Michel Sapin ou Jean-Marc Ayrault, en invitant les organisations syndicales en premier. Du côté des syndicats, le retour est pour le moment plutôt positif. «Dès le 4 juin, il nous a reçus avec François Hollande. A l’époque, il nous avait affirmé vouloir convaincre les autres partenaires européens que la lutte contre Mittal devait s’européaniser. C’est ce qu’il a fait au Luxembourg en appelant les autres pays à s’engager», confie Edouard Martin, syndicaliste CFDT qui se bat pour conserver le site de Florange en Moselle.

Un cabinet au travail

Le métallurgiste remarque aussi que le commissaire européen à l’industrie les a reçus en 15 jours. Sous l’impulsion de Montebourg? «En tout cas, toutes nos demandes avaient échoué dans les 8 mois précédents», glisse Martin. «Oui c’est sûr le référentiel a changé par rapport au gouvernement précédent. Ce gouvernement est plus à l’écoute des salariés», témoigne Jean-Luc Haas de la CFE-CGC. Dans l’ombre de Montebourg , son directeur de cabinet Stéphane Israël assure le suivi des dossiers en demandant aux organisations syndicales d’envoyer des notes sur des problèmes particuliers ou en associant les syndicalistes à la nomination des commissaires au redressement. «Nous l’avons alerté sur le problème d’Arkema (où 1.800 postes sont menacés) il y a dix jours. Nous sommes reçus au ministère mercredi», révèle Haas.

Déminer avec le patronat

Echanges de mails, de notes, de coups de fil… Comme dans toutes les belles lunes de miel, la communication semble être au beau fixe entre les syndicats de salariés et le cabinet Montebourg qui a nommé plusieurs missions d’expertise (par exemple la mission Faure sur Arcelor-Mittal). Et avec les patrons? «Nous partions avec un a priori négatif car il avait été le chantre de la démondialisation, confie Jean-Eudes du Mesnil, secrétaire général de la CGPME . Dès le lendemain de son arrivée, il a appelé notre président puis est venu à notre Congrès où il a rencontré longuement et hors caméras une dizaine de patrons de PME.»

Lors de cette réunion, Montebourg démine l, évoque la réciprocité entre pays dans une économie mondialisée.  Autre exemple. Lors de la conférence sociale, le ministre anime une table ronde sur le redressement productif. Habilement, il fait dévier la conversation et aborde le thème de la compétitivité, un sujet de préoccupation pour le patronat. «Il a ouvert le débat en laissant tout le monde s’exprimer. C’est plutôt une marque de dialogue», se souvient Jean-Luc Haas. «Nous avons déjà de nombreux sujets de divergences, l’augmentation du Smic ou la refiscalisation des heures supplémentaires mais j’ai l’impression pour le moment que ce gouvernement essaye de calibrer ses mesures», analyse Jean-Eudes du Mesnil qui a apprécié que les dividendes ne soient pas taxés pour les entreprises de moins de 250 salariés.»

Ce qui n’empêche quelques premières anicroches. «Il m’a appelé l’autre jour après un de nos communiqués qui l’avait fâché. Disons que la conversation a été assez vive. De toute façon, ce n’est pas parce qu’il est dans un gouvernement socialiste que nous leur laissons un blanc-seing. Nous continuerons à mettre la pression et à attendre des résultats», conclut Edouard Martin. En matière d’économie, les lunes de miel sont rarement éternelles.

Matthieu Goar
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