PSA: les syndicats veulent des preuves de la mauvaise santé du groupe

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Publié le 18 juillet 2012.

Les syndicats de PSA Peugeot Citroën ont affiché mardi, à l'issue d'une réunion à Bercy, leur volonté d'obtenir des preuves des difficultés avancées par le constructeur automobile, attendant pour cela les premiers résultats d'une expertise gouvernementale, prévus le 31 juillet.

Le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg a reçu pendant près de deux heures les délégués syndicaux centraux accompagnés de représentants des filières automobiles, première étape d'une concertation voulue par le gouvernement sur la volonté de PSA de supprimer 8.000 postes et d'arrêter la production à l'usine d'Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis).

Selon Ricardo Madeira, délégué CFDT, "le ministre a dit qu'il nous soutenait et ne laisserait pas faire les choses. Il n'y a pas eu de promesses. Maintenant il faut des actes, on attend le rapport de l'expert", Emmanuel Sartorius, mandaté par le gouvernement pour examiner la situation du premier constructeur automobile français.

Il doit rendre ses premières conclusions le 31 juillet, avant un deuxième volet sur la stratégie du groupe le 15 septembre.

"Le ministre a dit qu'on allait se revoir d'ici au 31 juillet pour discuter de l'expertise", a précisé Franck Don (CFTC) qui refuse catégoriquement tout "plan B tant qu'on a pas de détail sur le plan A et l'état financier du groupe".

"On veut connaître l'état de la trésorerie réelle de PSA et si elle nécessite une annonce aussi dramatique et rapide, ce sera la base des discussions à venir", ajoute-t-il.

Pour la CFE-CGC, il est "hors de question qu'on donne un avis le 25 juillet (lors du prochain comité central d'entreprise, ndlr). On va nommer un expert, et, avec l'expertise de Sartorius, cela va donner des éléments concrets pour estimer la crédibilité de ce plan", a expliqué Anne Valleron, déléguée centrale.

La CGT s'est montrée moins confiante dans l'aide du gouvernement.

"On ne peut compter que sur nous mêmes", a réagi Jean-Pierre Mercier, délégué CGT, "les salariés vont devoir se mobiliser".

Pour la CGT, l'objectif est "zéro licenciement, les licenciements ne sont pas négociables", et "pas de fermeture d'usine", car "il n'y a aucune justification économique".

En annonçant 8.000 suppressions de postes, "PSA a mis la barre très haut pour obtenir ce qu'ils veulent. On va s'en tirer peut-être avec 6.000, 4.000, et cela ne nous satisfera pas", ajoute M. Mercier.

Incertitude sur les leviers du gouvernement

M. Montebourg n'a pas communiqué après cette réunion. Il doit rencontrer mercredi le patron du groupe, Philippe Varin.

Répondant au choc provoqué le 12 juillet par le projet de PSA de supprimer près de 10% de sa division automobile en France, et d'arrêter la production à Aulnay-sous-Bois, Arnaud Montebourg, avait appelé PSA à son "devoir vis-à-vis de la nation France" et évoqué de "nombreux moyens" de s'y opposer, sans toutefois les détailler.

Les leviers économiques choisis pour le gouvernement pour soutenir la filière automobile seront dévoilés le 25 juillet. Le même jour, PSA présentera ses résultats semestriels et apportera lors d'un comité central d'entreprise des réponses sur sa stratégie et les investissements à venir.

Pour l'heure, M. Varin a réaffirmé mardi que la fermeture était inévitable. "Nous avons examiné toutes les alternatives", explique-t-il dans un entretien au Monde.

"On ne peut pas avoir des usines qui tournent à la moitié de leur capacité, et ceci à long terme, alors que le marché européen s'est rétréci de 25% en cinq ans", avance-t-il.

PSA est particulièrement touché par la baisse du marché européen, son premier débouché, car "44% de la production du groupe est française", rappelle-t-il. Le groupe paye en partie son patriotisme économique, estime encore M. Varin.

© 2012 AFP
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