Jean-Marc Ayrault lors de son discours de politique générale à l'Assemblée nationale, le 3 juillet 2012.
 Jean-Marc Ayrault lors de son discours de politique générale à l'Assemblée nationale, le 3 juillet 2012. - CHESNOT/CHAMUSSY/SIPA

M.P. avec Reuters

Un choc pour l’opinion, un symbole de la mauvaise santé de l’industrie française et un test pour le gouvernement. Les 8.000 suppressions d’emplois chez PSA marquent un tournant pour le nouveau gouvernement français qui a fait du redressement productif sa priorité. Le dossier est pour l'instant sur le bureau du Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, qui a eu une longue réunion tôt ce jeudi matin à Matignon avec le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg.

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Si les syndicats ont fait part de leur colère dans un communiqué, le chef du gouvernement évoque le «véritable choc» pour les salariés de PSA et annonce un plan de soutien à la filière automobile qui sera examiné en conseil des ministres le 25 juillet. Une initiative rejetée par Philippe Varin, le président du directoire de PSA Peugeot Citroën, qui refuse l'idée d'un prêt ou d'une entrée de l'Etat au capital du constructeur automobile français. «Nous avons une sécurité financière importante, ce qui fait que ce sujet n'est pas à l'ordre du jour», a-t-il dit lors de sa conférence de presse en marge du comité central d’entreprise (CCE) «Mettre de l'argent dans le groupe n'est pas ce qui remplira nos usines», a-t-il insisté.

L’Etat n’accepte pas le plan

Pour l’instant, le volontarisme est la seule arme du gouvernement en réponse à ce que certains, comme la ministre des Affaires sociales, Marisol Touraine, qualifient «d'onde de choc». «Nous n’acceptons pas en l’état le plan» de PSA, a déclaré Arnaud Montebourg au Sénat, sans que le ministre ne précise quels moyens de pression il comptait utiliser contre le groupe.«Nous allons donc questionner, en liaison avec les organisations syndicales qui auront leur propre expert, et nous allons ensuite demander à PSA de justifier la situation», a-t-il dit lors des questions d'actualité au Sénat. Le ministre demande à PSA «d'examiner loyalement toutes les autres solutions que celles qu'il a réservées à plusieurs sites de France et notamment à ces milliers de salariés concernés et de familles».

François Hollande, en ouverture de la Conférence sociale, en début de semaine, avait expliqué que le gouvernement ne resterait pas «inactif» face aux plans sociaux qui s’annoncent, là encore, sans donner plus de détails. L'interview du 14-Juillet devrait être l'occasion pour le Président de s'exprimer sur ce dossier, ainsi que sur ceux de Doux, Air France ou Castorama qui ont également annoncé d’importants plans de suppressions d’emplois.

L’annonce a en tout cas choqué l’ensemble de la classe politique qui n’a pas manqué de réagir dans la matinée. A gauche, on accusait l’héritage du sarkozysme tandis qu’à droite, on accusait la gauche de plomber la compétitivité des entreprises (lien vers second papier que je vais faire). Les syndicats, eux, sont en colère mais pas surpris: la CGT avait annoncé l’an dernier un plan caché de PSA visant à fermer l’usine d’Aulnay. Bernard Thibaut, le secrétaire général de la CGT a ainsi réclamé «des dispositions d'urgence» pour «empêcher d'être uniquement spectateur».