L'ancien Premier ministre, François Fillon, a contesté mercredi sur RTL le caractère rétroactif de la décision du Conseil d'Etat qui a demandé au gouvernement de réviser les tarifs appliqués pour la période allant du 1er octobre 2011 au 1er janvier 2012.
L'ancien Premier ministre, François Fillon, a contesté mercredi sur RTL le caractère rétroactif de la décision du Conseil d'Etat qui a demandé au gouvernement de réviser les tarifs appliqués pour la période allant du 1er octobre 2011 au 1er janvier 2012. - Alain Jocard afp.com

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François Fillon a estimé mercredi sur RTL que la hausse prochaine de la CSG constituait "la vraie décision" de la conférence sociale organisée par le gouvernement, l'ancien Premier ministre accusant les socialistes de n'avoir "aucune stratégie économique".

"On nous annonce, et cela semble être la vraie décision de cette conférence sociale, même si elle n'est pas encore prise, une augmentation de la CSG", a commenté M. Fillon, qui a déploré que le texte sur la hausse de la TVA pour alléger les charges sociales, adopté par son gouvernement peu avant les élections, ait été abrogé.

"On est tous d'accord pour dire que le travail ne peut plus supporter la totalité de cette protection sociale. Mais la TVA, c'était mieux que la CSG", a-t-il estimé.

La TVA, a-t-il expliqué, porte sur "une assiette plus large" et "contrairement à ce que l'on dit, ce n'est pas injuste. On consomme en fonction de ses besoins". De plus, a argumenté l'ancien Premier ministre, "il y a un avantage avec la TVA, vous taxez les produits importés. Avec la CSG, non".

"La CSG, c'est vraiment une baisse du pouvoir d'achat", a-t-il encore affirmé, estimant que le choix d'une hausse de la CSG plutôt que de la TVA relevait d'une "décision idéologique".

Interrogé sur LCI, l'ancien ministre UMP du Travail, Xavier Bertrand, a également assuré que la "vraie raison" de la conférence sociale était "d'aller vers l'augmentation de la CSG". "C'est une manipulation", a-t-il accusé. Selon lui, "le gouvernement avait cette idée en tête. Il ne l'a pas dit dans sa campagne (pour les législatives), mais il nous dit aujourd'hui: ce sont les partenaires sociaux qui la demandent".

"Je n'aime pas l'hypocrisie", a-t-il insisté.

"On commence aujourd'hui à mettre le doigt dans l'engrenage de la CSG. Ca ne s'arrêtera pas. Première cible dans le collimateur: les retraités", a poursuivi l'ancien ministre du Travail. "Ce n'est pas encore dit, mais je suis certain que nous aurons une augmentation de la CSG pour tous les Français" avec une "augmentation plus importante de la CSG pour les retraités", a assuré Xavier Bertrand.

Evoquant de façon plus générale la conférence sociale de lundi et mardi, François Fillon a estimé qu'il s'en dégageait "le sentiment que le gouvernement n'a aucune stratégie économique et qu'il cherche surtout à gagner du temps".

Il a reproché aux socialistes d'avoir, "pendant cinq ans (...) passé beaucoup de temps à nous critiquer, pas assez à réfléchir à ce qu'ils devraient faire".

A propos de la cellule de réflexion sur le Smic, il a remarqué qu'"il y en avait déjà une, elle vient d'être dissoute. On va en mettre une nouvelle. On ne voit pas bien à quoi ça va aboutir", a-t-il dit. De même, "il n'y a pas besoin d'une commission (...) pour réfléchir à la compétitivité de l'économie française", a ajouté M. Fillon en faisant allusion à la mission confiée à Louis Gallois.

"C'est très simple. Il faut baisser le coût du travail", a-t-il affirmé, "on a un différentiel de compétitivité avec l'Allemagne et on ne va pas le rattraper en se donnant un an pour réfléchir à des questions aussi urgentes que celles de la compétitivité de l'industrie française".