LL'arrêt de la production à l'usine PSA d'Aulnay à l'horizon 2014, qui pourrait être annoncé jeudi, était inscrit dans un scénario révélé à grand fracas par la CGT en juin 2011 et finalement appliqué à la lettre par le constructeur, malgré la mobilisation des syndicats depuis un an.
LL'arrêt de la production à l'usine PSA d'Aulnay à l'horizon 2014, qui pourrait être annoncé jeudi, était inscrit dans un scénario révélé à grand fracas par la CGT en juin 2011 et finalement appliqué à la lettre par le constructeur, malgré la mobilisation des syndicats depuis un an. - Pierre Verdy afp.com

© 2012 AFP

Le ministre du Travail Michel Sapin a dit mercredi s'attendre à de "mauvaises" nouvelles pour le site de PSA d'Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) et à un plan social "retardé" ces derniers mois à la demande de Nicolas Sarkozy, selon lui.

Il y a "des nouvelles mauvaises qui vont être annoncées, pourquoi n'ont-elles pas été annoncées il y a quatre mois, ou cinq mois ou six mois d'ailleurs?", s'est interrogé M. Sapin sur France Inter.

Le plan redouté pour le site d'Aulnay-sous-bois est "typiquement un de ces plans dont Nicolas Sarkozy a "demandé de le retarder plutôt que de trouver des solutions", a-t-il affirmé.

"Je pense que vous avez remarqué que M. Varin (le président du directoire de PSA Peugeot Citroën) avait été plusieurs fois convoqué dans le bureau de Nicolas Sarkozy. Vous pensez que c'était pour parler du nouveau modèle qui allait sortir chez Citroën ou chez Peugeot? Non, c'était pour parler de ces sujets-là, en lui disant +tu verras ça plus tard+", a ironisé M. Sapin.

"J'ai entendu le terme de +criminel+ utilisé par un ancien ministre à propos des débats de la grande conférence, voilà me semble-t-il un point sur lequel un terme aussi violent pourrait être utilisé", a poursuivi le ministre du Travail.

PSA Peugeot Citroën est pressé de toutes parts de révéler ses intentions pour le site d'Aulnay (Seine-Saint-Denis) dont la fermeture est redoutée depuis un an. Des mesures visant à redresser le groupe, confronté à un marché européen en bernee, doivent être dévoilées jeudi lors d'un comité central d'entreprise.

Interrogé sur l'hypothèse d'une fermeture d'Aulnay, M. Sapin a répondu que le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, "souhaitera regarder la réalité de ce que dit la direction de PSA quant aux difficultés".

Le ministre du Travail a aussi dit "exiger de PSA que le dialogue soit exemplaire et que les contreparties soient à la mesure des problèmes rencontrés".

"Si Aulnay ne conserve pas de production de PSA, quels sont les efforts faits par PSA pour qu'il y ait de l'activité à l'emplacement d'Aulnay, ce qu'on appelle de la réindustrialisation? Voilà typiquement une responsabilité qui incombe à une entreprise", a poursuivi le ministre, estimant qu'il devait "y avoir des propositions en matière de reclassement".