Premières joutes budgétaires à l'Assemblée, le bilan en "héritage"

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Publié le 10 juillet 2012.

Avant l'examen du collectif budgétaire la semaine prochaine, les députés ont débattu finances publiques mardi, l'occasion pour le gouvernement de souligner encore le lourd "héritage" de la majorité sortante tandis que l'opposition a défendu bec et ongles son bilan.

Le ministre de l'Economie Pierre Moscovici en a profité pour résumer la politique gouvernementale: "ni austérité ni rigueur, mais sérieux et cohérence". Je voudrais" que cette stratégie "convainque la majorité", a-t-il aussi précisé, comme un écho aux inquiétudes des communistes.

Le tout nouveau président de la commission des Finances, Gilles Carrez (UMP) lui a répondu du tac-au-tac en montant à la tribune: "le sérieux, la rigueur ont aussi été la marque du précédent gouvernement".

Les échanges avaient été un peu plus vifs dans l'après-midi lors du débat sur l'exécution du budget 2011, un texte qui ne passionne d'ordinaire pas les foules.

D'entrée, Pierre Moscovici, a mis en avant "l'héritage". "Nous héritons d'une situation beaucoup plus dégradée qu'annoncée", a-t-il lancé, une version policée de son "ils n'ont rien foutu" lancé début juillet.

"Vous nous dites qu'on n'a +rien foutu+ mais je ne connais pas d'année où un gouvernement a fait autant", a rétorqué l'ex-ministre du Budget, Valérie Pécresse, députée UMP des Yvelines, mettant en avant la diminution du déficit budgétaire. Elle s'est de nouveau défendue d'avoir laissé une "ardoise cachée" et a accusé le gouvernement Ayrault de préparer "une facture cachée".

Le fait que la France ait pu emprunter la veille à des taux négatifs est pour elle une sorte d'hommage au bilan de Nicolas Sarkozy. "C'est plutôt la crédibilité du chemin européen qui est salué", a rétorqué M. Moscovici.

En défendant aussi pied à pied le bilan du quinquennat de Nicolas Sarkozy, Gilles Carrez, s'est attiré les huées de la gauche. Il a taxé la prochaine loi de finances rectificative, en débat la semaine prochaine, d'"unijambiste" car ne reposant "que sur des hausses d'impôt".

Répété pendant des mois de campagne électorale, l'objectif est toujours le même: retour à l'équilibre des comptes publics en 2017. Compte tenu de l'assombrissement des perspectives économiques, le gouvernement a revu ses prévisions à la baisse et fait quelques pas supplémentaires vers la rigueur.

"Je vous donne rendez-vous à la rentrée, car je crains beaucoup que nous ne puissions tenir l'objectif de 4,5%", que le gouvernement s'est fixé pour 2012 a averti M. Carrez.

Il a également interpellé le gouvernement sur la règle d'or.

"Après des mois d'ambiguité et de rideau de fumée, allez-vous nous soumettre l'adoption de la règle d'or?" sur le retour à l'équilibre des finances publiques, a-t-il demandé. Jérôme Cahuzac a assuré que la question serait réglée en "toute transparence".

"Vous augmentez trop les recettes et ne diminuez pas assez les dépenses", a critiqué le député centriste Charles de Courson (UDI). S'appuyant sur le rapport de la Cour des comptes, il a prévenu que le gouvernement serait "contraint" de jouer sur les salaires des fonctionnaires.

Selon le rapport du nouveau rapporteur général du Budget, Christian Eckert (PS), le rythme de progression des dépenses publiques va s'établir à 0,8% par an en moyenne. Le taux est légèrement inférieur à celui retenu dans les documents de campagne du candidat François Hollande, compte tenu de la révision à la baisse des perspectives de croissance au cours de la période 2012-2015.

"Nous avons entendu de belles protestations de vertu", a lancé Hervé Mariton (UMP), qui a tenté sans succès d'obtenir un mot des deux ministres sur une éventuelle augmentation de la CSG.

M. Moscovici a promis, d'ici quelques semaines, des "mesures de compétitivité", ajoutant : "ce mot n'est pas un gros mot" . "Votre bilan en matière de compétitivité, il est désastreux, vous devriez observer une petite période d'introspection", a-t-il lancé à la droite.

© 2012 AFP
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