Les éditorialistes se montrent mercredi plutôt sévères à l'égard de Jean-Marc Ayrault dont le discours de politique générale a été jugé "aride" et surtout "flou" sur les contours du "redressement" promis par le Premier ministre.
Les éditorialistes se montrent mercredi plutôt sévères à l'égard de Jean-Marc Ayrault dont le discours de politique générale a été jugé "aride" et surtout "flou" sur les contours du "redressement" promis par le Premier ministre. - Patrick Kovarik afp.com

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Les éditorialistes se montrent mercredi plutôt sévères à l'égard de Jean-Marc Ayrault dont le discours de politique générale a été jugé «aride» et surtout «flou» sur les contours du «redressement» promis par le Premier ministre. A gauche, Libération salue «le retour du Premier ministre» dans sa fonction traditionnelle de conduite de la politique du pays, avec pour maître mot la «concertation».

Jean-Paul Piérot adhère, dans L'Humanité, à l'idée «que les efforts exigés pour tous seront répartis proportionnellement selon les revenus de chacun». Mais l'éditorialiste du journal communiste regrette que, «sur les dossiers sociaux les plus lourds, Jean-Marc Ayrault (soit) resté dans les clous trop serrés du rigorismme de la chasse aux déficits».

«Les Français ne sont donc guère plus avancés»

Sur l'autre bord politique, Le Figaro juge qu'«après ce discours de politique générale, les Français ne sont donc guère plus avancés. Ils savent que la hausse de la fiscalité sera la pierre angulaire du quinquennat, mais quid du reste? Tout est flou», écrit Paul-Henri du Limbert. Patrick Fluckiger abonde dans son sens dans L'Alsace: «Le discours de politique générale porte bien son nom: Jean-Marc Ayrault n'est guère entré dans les détails budgétaires, hier devant l'Assemblée. Plus qu'un programme, c'est une harangue qu'a livrée le Premier ministre.»

Sur la forme, «le discours du Premier ministre ne restera pas dans les annales de l'art oratoire», estime Xavier Panon dans La Montagne. Dans Les Echos, Henri Gibier l'a trouvé «fidèle au genre, généralement ingrat, son discours était aride à l'instar du long chemin qui s'ouvre pour le pays». Hubert Coudurier, du Télégramme, a entendu «une déclaration d'intention un peu terne, mais aussi un catalogue de ce qui va mal en France».

«Concentré sur un objectif majeur: annoncer la rigueur sans jamais en prononcer le nom»

Il est vrai que «l'époque ne se prête pas aux numéros de claquettes» et Jean-Marc Ayrault «semblait d'ailleurs concentré sur un objectif majeur: annoncer la rigueur sans jamais en prononcer le nom», constate Pascal Coquis dans Les Dernières Nouvelles d'Alsace. «Quitte à jouer les équilibristes» ou «les jongleurs. Entre deux mots: celui d'austérité, dont on a bien compris que Matignon se refusait à l'utiliser et celui de croissance que le chef du gouvernement prévoit largement en berne», souligne Hervé Cannet dans La Nouvelle République du Centre Ouest.

Surtout, «Jean-Marc Ayrault n'a pas détaillé les recettes qui doivent lui permettre de réussir ce grand écart», remarque Ivan Drapeau dans La Charente Libre. Pour Philippe Waucampt du Républicain lorrain, il «s'est contenté de décliner le catalogue des engagements de campagne de François Hollande» mais «on reste sur sa faim quant aux mesures envisagées». Pour autant, Michel Lepinay dans Paris Normandie ne s'y trompe pas: «"Austérité" ou pas, "rigueur" ou exigence de "redressement", la réalité c'est que le Premier ministre nous annonce un serrage de ceinture général.»