Jean-Marc Ayrault, à l'Assemblée nationale, le 1er avril 2008.
Jean-Marc Ayrault, à l'Assemblée nationale, le 1er avril 2008. - P. HERTZOG / AFP

Matthieu Goar

Devant la nouvelle Assemblée nationale, Jean-Marc Ayrault entre dans le vif du sujet. Ce mardi, le Premier ministre prononce son discours de politique générale, c’est-à-dire les grandes lignes de l’action de son gouvernement. Un texte «pensé depuis sa prise de fonction», selon un de ses conseillers, mais écrit avec quelques collaborateurs ce week-end. Le contenu a été gardé confidentiel. Si François Hollande l’a consulté dans la journée de lundi, aucun ministre n’a été mis dans la confidence. Chaque cabinet ministériel a ainsi été prié de fournir une note de quatre pages sur ses enjeux.

Jean-Marc Ayrault a ensuite articulé son propre discours à partir de ce matériel. Sans volonté de surprendre. «Plus que des annonces, il s’agit de clarifier les questions de calendrier», poursuit un conseiller de Matignon. «François Hollande est le compositeur. Ayrault doit interpréter une oeuvre, être dans le rôle du chef d’orchestre.» Une phrase qui fait échos aux récents propos du Premier ministre. «La feuille de route, c’est le projet de François Hollande […] précis, travaillé, chiffré», avait expliqué Ayrault dans une interview au JDD.

«Justice» plutôt qu’«austérité»

Pour Matignon, il s’agit avant tout de dresser un état des lieux de la France (en s’appuyant sur le rapport de la Cour des comptes, lire ci-dessous) et de faire de la pédagogie dans un contexte économique très compliqué. Impossible de savoir si le Premier ministre a décidé d’employer les termes d’«austérité» ou de «rigueur», mais Matignon veut préparer les Français à des mois difficiles, faits d’augmentations d’impôts et de baisse des dépenses. Pour faire passer la pilule, le Premier ministre devrait insister sur le terme de «justice», déjà le mot le plus répété lors de la campagne de Hollande.

L’idée est de demander des efforts plus conséquents au début de la législature et d’expliquer que ce sont les contribuables les plus aisés qui devront faire les plus gros efforts. «Les classes populaires et les classes moyennes seront préservées», a prévenu le Premier ministre, lundi.

Pas de hausse de la TVA
Alors que l’audit de la Cour des comptes l’envisageait, le gouvernement semble rétif à toute hausse de la TVA. «Le projet de loi de finances rectificative ne prévoit pas de hausse de TVA, au contraire, nous revenons sur la hausse de la TVA prévue par le gouvernement précédent», a expliqué Jérôme Cahuzac, après une rencontre avec le Premier ministre.