Qui est derrière les courants de l'UMP ?

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Publié le 31 juillet 2012.

POLITIQUE - Des «humanistes» de Jean-Pierre Raffarin à la «Droite populaire» de Thierry Mariani en passant par la «Droite forte» de Brice Hortefeux, «20 Minutes» fait le tour d'horizon des courants à l'UMP...

Dix ans après sa création de l’UMP, qui avait pour ambition de créer une formation unique de droite, l’ancien parti présidentiel offre aujourd’hui une grande diversité, voire des divisions internes. Le secrétaire général de l’UMP Jean-François Copé souhaite organiser en mouvements les différentes sensibilités, tant pour reconnaître la «diversité» de la droite qu’éviter tout éclatement. Qui sont derrière les «humanistes», la «droite populaire» ou la «droite sociale» au sein de l’UMP? 20 Minutes vous dresse un panorama…

Les «humanistes»

Le courant le plus large et fourre-tout au sein de l’UMP, avec un peu plus de 100 membres. Il a été cofondé à l’automne par les anciens ministres Marc Laffineur et Jean Leonetti. Sa tête de proue est l’ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin. Ce courant est né de la fusion de plusieurs groupes et clubs (les Européens de Marc Laffineur, Dialogue et initiative de Jean-Pierre Raffarin, République et humanisme de Jean Leonetti). Les buts de ce courant sont de rassembler les centristes et faire contrepoids au mouvement très droitier «droite populaire».

Figurent au sein de cette sensibilité Valérie Rosso-Debord, ex-députée et ex-membre de la cellule «Ripostes» durant la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy, Sébastien Huyghe, député du Nord et également membre de cette cellule «Rispotes», l’ancienne secrétaire d’Etat Nora Berra, Françoise de Panafieu, ex-maire du 17e arrondissement de Paris ou encore Marie-Jo Zimmermann.

Le hic: l’efficacité des «humanistes» a été mise en doute dès sa création. En effet, figurent dès le premier jour de sa création des représentants de la «droite populaire», dont Brigitte Barèges, Chantal Brunel, qui a notamment proposé que l'on «remette dans des bateaux» les Tunisiens débarquant à Lampedusa, ou encore Jean-Pierre Decool et Christine Marin.

La «droite populaire»

Jusqu'au large revers électoral des élections législatives, le courant très à droite de l’UMP «droite populaire» a marqué des points: créé par 42 membres, dont Thierry Mariani (Français de l’étranger) et Lionnel Lucca (Alpes-Maritimes), il a régulièrement créé le buzz, bousculant l’UMP et ses responsables, multipliant les coups médiatiques.

Lors des dernières élections, 21 candidats ont été battus. Y figurent toujours Jacques Myard, réélu dans les Yvelines, Bernard Reynes (Bouches-du-Rhône) Philippe Meunier (Rhône), Brigitte Barèges (Tarn-et-Garone), ont été battus Jean-Paul Garraud (Gironde), Éric Raoult (Seine-Saint-Denis), Brigitte Barèges (Tarn-et-Garonne), Elie Aboud (Hérault), Eric Diard (Bouches-du-Rhône), Bernard Carayon (Tarn).

Le but du mouvement: s’installer durablement dans le paysage politique et… maintenir leur place au sein de l’UMP. Mercredi dernier, Lionnel Luca a dénoncé «l'élimination» des députés appartenant à ce collectif des instances du groupe UMP à l'Assemblée nationale lors des élections internes organisées la veille. Dans un communiqué intitulé «UMP: dérive anti-populaire», l'élu des Alpes-Maritimes estime que «les élections internes pour le bureau du groupe UMP démontrent à l'évidence la réalité d'une coalition d'intérêts convergents pour ‘éliminer’ les éléments supposés trop ‘droitiers’, au nom d'une ‘tolérance bienveillante’ qui n'échappera à personne».

La «droite moderne»

Ce mouvement, qui vient de se créer, rassemble les libéraux de l’UMP, sous la houlette du secrétaire général de l’UMP Hervé Novelli (et son club Les Réformateurs), les anciens ministres Gérard Longuet (un ex du mouvement Démocratie Libérale, tout comme Hervé Novelli) et Luc Chatel. Ils sont accompagnés par les députés Axel Poniatowski, Philippe Cochet et Michèle Tabarot, proche de Jean-François Copé. D’après Hervé Novelli, «30 parlementaires» sont pour le moment intéressés pour rejoindre leurs rangs.

La «droite sociale»

Né en 2010 et animé par l’ancien ministre de l’Enseignement supérieur Laurent Wauquiez, il rassemble une cinquantaine de parlementaires. Son socle: «Reconstruire le contrat social autour des classes moyennes», a-t-il indiqué au Monde le 26 octobre dernier lors d’une conférence de presse. L’un de ses vœux: «Lutter contre les profiteurs du haut et les profiteurs du bas». Y figurent notamment Isabelle Debré, la sénatrice des Hauts-de-Seine, Brigitte Barèges, députée de Tarn-et-Garonne (et membre de la droite populaire), Pierre Morel-A-L'Huissier, député de Lozère, ou encore le député européen Damien Abad.

La «droite forte»

Elle rassemble les fidèles de Nicolas Sarkozy, soucieux de faire vivre au sein de l’UMP l’héritage de l’ancien président. Parmi eux figurent Brice Hortefeux, ancien ministre et ami personnel de Nicolas Sarkozy, l’ex-conseiller de l’équipe de campagne de Nicolas Sarkozy, Guillaume Peltier. Ce dernier explique, dans un récent entretien à Libération vouloir «faire émerger une nouvelle génération que je me propose, avec des amis, de fédérer dans les mois qui viennent sous le label ‘la droite forte’. On hérite d’une situation difficile, mais, dans les dix ans à venir, on ne peut que gagner».

«Demain la droite»

Plusieurs jeunes responsables de l'UMP ont annoncé le 31 juillet le lancement de «Demain la droite», un mouvement qui entend «rassembler tous les adhérents et les militants qui mettent au coeur du projet de notre famille politique le renouvellement et la reconquête, celles et ceux qui se fixent pour mission d'identifier les nouvelles frontières et les nouvelles idées de demain». Le mouvement est lancé par Franck Allisio, secrétaire national de l'UMP et président des Jeunes Actifs, Virginie Duby-Muller, députée de Haute-Savoie, Mathieu Darnaud, conseiller régional de Rhône-Alpes, ainsi que par «une dizaine de jeunes cadres et élus».

Ces jeunes responsables veulent «réfléchir au-delà des anciens clivages internes (RPR, UDF, DL, ndlr) et en aucun cas en fonction de telle ou telle partie de l'échiquier politique, que ce soit la gauche ou les extrêmes». «Nous militerons pour que notre parti s'engage avec force en faveur d'une révolution territoriale, d'un nouveau pacte républicain entre les générations et d'un électrochoc européen», écrivent ces jeunes élus dans un communiqué.

Les clubs et mouvements gaullistes

La référence au gaullisme est loin d’être une originalité au sein de l’UMP. Le mouvement politique Le Chêne est dirigé par l’ancienne ministre Michèle Alliot-Marie, ancienne présidente du RPR. Ce mouvement créé en 2006 veut perpétuer et renouveler l’héritage du gaullisme.

Né le 18 juin dernier, le «Rassemblement gaulliste» de l’ancien ministre Roger Karoutchi, longtemps proche de Philippe Seguin. Le sénateur des Hauts-de-Seine estime dans un communiqué à propos de ce mouvement que «le gaullisme n'est pas une nostalgie». Il ajoute que la création du «Rassemblement gaulliste», «dans le cadre de l'UMP et en application des statuts, prendra la forme d'un mouvement incarnant une sensibilité».

Les clubs de réflexion et les amicales

Animé par Jean-François Copé depuis 2008, Génération France est un club national de réflexion et débats. Il rassemble des députés amis, tels Christian Jacob, le président du groupe UMP à l’Assemblée nationale, Rachida Dati, Charles Beigbeder ou encore la jeune pousse et secrétaire nationale UMP chargée de la lutte contre les discriminations Nathalie Fanfant. Des membres de la Droite populaire tels les députés Elie Aboud et Véronique Boyer sont également présents. Autre club, le Club89 présidé par Benoist Apparu, ou encore Dialogue et Initiative de Jean-Pierre Raffarin (qui a fusionné avec les «humanistes»). Le 5 juillet, 43 députés UMP, dont Valérie Pécresse et Lionnel Luca, chef de file de la «droite populaire», ont fondé mercredi à l'Assemblée une «Amicale gaulliste». Ce groupe, pendant de celui créé au Sénat par Gérard Larcher, vise à «remettre l'homme au coeur du débat politique» et à «contribuer au débat d'idées sur des thèmes fondateurs du gaullisme». Ses membres ont précisé dans un communiqué qu'il n'a pas vocation à se transformer en mouvement politique.

Anne-Laëtitia Béraud
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