Le parquet de Lille ouvre une enquête préliminaire après avoir été saisi par Martine Aubry, qui estime avoir été l'objet de pressions du groupe Siemens lors de l'attribution d'un contrat pour le métro de Lille.
Le parquet de Lille ouvre une enquête préliminaire après avoir été saisi par Martine Aubry, qui estime avoir été l'objet de pressions du groupe Siemens lors de l'attribution d'un contrat pour le métro de Lille. - Pierre Verdy afp.com

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Le parquet de Lille ouvre une enquête préliminaire après avoir été saisi par Martine Aubry, qui estime avoir été l'objet de pressions du groupe Siemens lors de l'attribution d'un contrat pour le métro de Lille. La communauté urbaine de Lille, dont la maire de Lille est la présidente, avait octroyé le 11 mai un contrat pour construire les nouvelles rames du métro, estimé à 266,4 millions d'euros au groupe français Alstom, en concurrence avec l'allemand Siemens et le canadien Bombardier.

«Des pratiques ahurissantes»

«La veille de la réunion de la commission d'appel d'offres pour attribuer le marché, on a reçu un courrier sous forme d'e-mail de la vice-présidente de Siemens, se plaignant de leur classement», a expliqué à l'AFP Eric Quiquet, premier vice-président de Lille Métropole en charge des transports. «Nous avons pris la décision de faire transmettre au procureur cette information», a-t-il ajouté.

«Fait aggravant, le soir même, Martine Aubry inaugurait une manifestation culturelle à Lille et le patron de Siemens France, qui était sur place, a demandé à la voir sur le dossier qui allait passer le lendemain en commission», a poursuivi Eric Quiquet, dénonçant des «pratiques ahurissantes». «Martine Aubry s'est exprimée publiquement sur ces pressions (...) vendredi, lors d'un conseil de la communauté urbaine (...) pour envoyer un message» et dire aux entreprises qui pourraient répondre à des appels d'offres que «chez nous, ce type de pratique n'a aucune prise», selon Eric Quiquet.

«On a fait une offre qu'on estimait bonne»

«Le maire (de Lille, Martine Aubry) m'a signalé des faits qui lui semblent anormaux, j'ai donc ordonné une enquête préliminaire, confiée à la police judiciaire», a confirmé à l'AFP le procureur de la République de Lille Frédéric Fèvre. «Si ces faits sont avérés, on les qualifiera juridiquement», a indiqué le procureur, précisant avoir été saisi par Martine Aubry «juste avant la désignation de l'attributaire du marché».

«On a fait une offre qu'on estimait bonne, aussi bien techniquement que financièrement et on a été très surpris des résultats annoncés par la communauté urbaine de Lille», a réagi la direction de Siemens France. «L'incompréhension face à cette décision» a entraîné le dépôt d'un recours en référé contre l'octroi de ce marché à Alstom, que le tribunal administratif de Lille a rejeté le 21 juin. La direction de Siemens France n'a en revanche pas souhaité faire de commentaire sur l'ouverture de l'enquête préliminaire par le parquet.